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Au porteur ou au nominatif… Quel mode de détention choisir pour ses actions ?

Si la détention au porteur est la solution la plus courante, les actionnaires peuvent aussi opter pour le nominatif. Tour d’horizon des avantages et inconvénients de ces différentes possibilités.

Vous avez investi dans des actions en direct mais ne savez pas sous quel mode ces titres sont détenus ? A priori, vous êtes dans le cadre de la détention « au porteur ». Ce mode constitue en effet une sorte de choix par défaut. Pourtant, là n’est pas la seule solution. Les actions peuvent aussi être détenues au nominatif. Petit comparatif.

Détention au porteur

Ici, vous n’êtes en lien direct qu’avec votre intermédiaire financier. C’est lui qui se charge de la gestion de votre compte (convocations, envoi de documents…) et de la conservation de vos titres. Du point de vue de la société dans laquelle vous avez investi, vous n’êtes d’ailleurs pas clairement identifié.

Détention au nominatif pur

Avec le « nominatif pur », vous traitez directement avec la société émettrice des actions (ou du moins avec l’établissement mandaté par la société pour le faire). Concrètement, vos actions sont inscrites et conservées à votre nom dans les livres de la société. Celle-ci connaît votre identité.

Pour passer au nominatif pur, il suffit d’en faire la demande en remplissant le formulaire proposé par l’entreprise émettrice des actions.

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Les atouts du nominatif pur

Le principal intérêt du nominatif pur réside dans le fait que la société vous ayant identifié, elle est en mesure de vous accorder des avantages. Ces avantages sont notamment administratifs (envoi des lettres aux actionnaires, des rapports annuels…). Ils peuvent aussi concerner vos droits. Chez Total par exemple, des droits de vote doubles sont accordés au bout de deux ans pour les actionnaires inscrits au nominatif pur. Chez LVMH, la même carotte est octroyée après trois ans. D’autres entreprises peuvent aussi proposer des majorations de dividendes (+10% chez Air Liquide).

Généralement, les entreprises exonèrent également de droits de garde, les actionnaires au nominatif pur.

Les faiblesses du nominatif pur

Naturellement, la médaille a un revers. La détention au porteur permet une gestion centralisée chez le même intermédiaire si vous détenez des titres de plusieurs sociétés. Avec le nominatif pur, il faut gérer un compte pour chaque société dont vous détenez des actions.

L’autre grand inconvénient du nominatif pur réside dans le fait qu’en pratique, il ne permet pas de loger les actions dans un PEA (un obstacle important pour certains épargnants) ou de bénéficier du SRD (service de règlement différé).

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Enfin, alors que les frais de transaction sont fixés par l’intermédiaire en cas de détention au porteur, ils sont établis par la société lorsque les titres sont au nominatif pur… et peuvent s’avérer plus élevés que chez un intermédiaire compétitif. A titre d’exemple, ils sont de 0,2% HT chez Total (avec un plafond de 1.000 euros) et de 0,3% HT chez LVMH (0,2% via la plateforme en ligne).

Une solution à mi-chemin : le nominatif administré

Si vous avez du mal à vous décider, sachez également qu’il existe une troisième voie, une sorte de choix intermédiaire : le nominatif administré.

Dans ce cas, l’actionnaire est identifié auprès de la société et bénéficie de certains avantages du nominatif pur (envoi de documents, droits de vote multiples…).

En revanche, les titres restent gérés par l’intermédiaire financier de l’épargnant. Ce sont donc les frais de gestion de ce dernier qui s’appliquent et les actions peuvent être logées dans un PEA ou bénéficier du SRD.