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Tout savoir sur le crowdfunding

Les taux offerts ont de quoi séduire, notamment pour les prêts. Mais prudence, les retards de paiement ou même les défaillances devraient augmenter à l’avenir compte tenu de la crise sanitaire. Veillez bien à diversifier les projets de crowdfunding dans lesquels vous investissez.

crowdfunding
Crédit: iStock.

Crowdfunding signifie littéralement « financement par la foule », mais il est souvent traduit par « financement participatif ». Le concept : de nombreux épargnants se regroupent pour financer un projet via une plate-forme Internet qui les met en relation. Selon les cas, ce financement peut prendre la forme d’un don, d’un investissement en capital (on parle dans ce cas de crowdequity) ou d’un prêt (crowdlending).

Le capital est-il garanti ? 

Non. Pour les prêts, la plupart des plates-formes prévoient un remboursement progressif du capital avec les intérêts. Principal risque : la faillite de l’entreprise financée. Renseignez-vous sur les taux de ­défaillance des sociétés emprunteuses. Les plates-formes doivent désormais obligatoirement les communiquer tous les trimestres. En cas d’investissement en capital, le risque est bien plus élevé ; c’est aussi valable pour un placement dans l’immobilier (voir encadré).

L’argent est-il disponible ? 

Dans le cadre du crowdlending (prêt), votre mise est bloquée pour une durée déterminée à l’avance, allant de dix-huit mois à cinq ans sur la plupart des plates-formes. Lorsqu’il s’agit d’investissement en capital, la durée peut être plus longue. Avant de souscrire, lisez attentivement les conditions de sortie prévues par le pacte d’actionnaire.

Combien ça rapporte ? 

Par nature, le don ne rapporte rien, même si une contrepartie est parfois prévue (cadeau ou goodies…). Pour le prêt, la rémunération est fixée à l’avance en fonction de la durée du crédit et de la qualité de l’entreprise : comptez en moyenne de 2 à 9 %. Enfin, pour l’investissement en capital, le potentiel de gain affiché est élevé. Dans la réalité, vous pouvez espérer entre 0 et 25 %. En revanche, n’attendez pas de dividende. Dans tous les cas, diversifiez au maximum vos investissements pour limiter les risques.

Quelle est la règle fiscale ? 

Les dons n’ouvrent droit à un avantage fiscal que si le créateur de projet est une association d’intérêt général ou public. Dans le cadre du prêt, les intérêts perçus sont désormais taxés à 30 % avec le prélèvement forfaitaire unique, cotisations sociales comprises. Depuis le 1er janvier 2016, les pertes en capital ou en cas de non-remboursement du prêt sont déductibles des intérêts reçus, dans la limite de 8 000 euros par an. L’investissement au capital des PME peut ouvrir droit à une réduction d’impôt sur le revenu. A défaut, les projets peuvent être enregistrés sur un PEA (voir p. 60) et bénéficier de sa fiscalité.

Où souscrire ? 

Il existe plus de 200 plates-formes Internet agréées en France. Parmi les plus importantes en nombre de souscripteurs, on trouve : Anaxago, Credit.fr, Homunity, Lendopolis, October, Unilend, Wiseed…