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En Bretagne, les résidences secondaires dans le viseur d’un collectif breton

Un collectif part en lutte contre l’inflation des résidences secondaires en Bretagne. L’action est pacifique mais le message ferme.
Immobilier
iStock.

Le collectif indépendantiste breton Dispac’h (révolution, NDLR) a lancé une campagne de collages pour dénoncer la « spéculation immobilière liée au développement des résidences secondaires » sur le littoral breton, a-t-on appris lundi. 

« Bretagne résidence secondaire: villages en ruines, jeunesse en exil! », lit-on sur des affiches blanches et rouges représentant des maisons aux volets fermés, qui ont été collées un peu partout en Bretagne par des militants sur ces maisons supposées inoccupées.

La lutte contre le développement des résidences secondaires, accusées de faire grimper les prix du foncier et des loyers, est à l’origine de la création en mars de ce collectif composé principalement de jeunes, qui se définit « indépendantiste, anticapitaliste, féministe, écologiste et internationaliste ».

« La situation est ubuesque car le « tout tourisme » sur le littoral breton crée des emplois saisonniers précaires mais on n’arrive même pas à loger les jeunes et travailleurs à faibles revenus qui viennent en saison faute de logements à prix abordable », dénonce Ewan Thébaud, porte-parole de Dispac’h. 

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En Bretagne, des villages vidés de vie plus de 6 mois par an

Une première vague de collages a eu lieu les 17 et 18 mars à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), « sur le site du projet d’un hôtel 5 étoiles privé en bordure de mer », dans le pays de Guérande (Loire-Atlantique) « où la spéculation empêche particulièrement les jeunes paludiers de s’installer dans de bonnes conditions », ou encore à Carantec (Finistère), « où les résidences secondaires représentent presque 40% des habitations comme partout sur le littoral breton ».

« Ce qu’on veut, c’est interpeller les élus locaux sur le fait qu’il n’y a pas d’outil pour réguler cette inflation des résidences secondaires », indique Ewan Thébaud, qui pointe une proportion de résidences secondaires pouvant atteindre  « 80% dans certains endroits comme à Mesquer (Loire-Atlantique, NDLR) ». 

Le collectif dénonce également la dépendance des territoires côtiers bretons à l’économie touristique, avec des « villages vidés de leur vie plus de la moitié de l’année », qui « voient fuir les services publics et disparaître les dynamiques et initiatives locales ». Il considère aussi l’industrie touristique comme « destructrice de l’environnement » et « non-durable ». Car « nécessitant la construction d’équipements toujours plus importants qui participent au bétonnage de nos côtes ».

En Bretagne la semaine dernière, Emmanuel Macron avait appelé à réformer « avec bon sens » la loi littoral.  Face aux protestations grandissantes, les députés ont lâché du lest début juin sur des dérogations à la loi littoral initialement votées en commission. Ils ont fait machine arrière ou en apportant des garanties.