Se connecter S’abonner

Immobilier: vendeurs et acheteurs encore confiants, mais pour combien de temps?

Catalysés par une demande soutenue malgré les tensions sur le marché, vendeurs et acheteurs immobiliers sont encore confiants dans l’accomplissement de leur projet immobilier. Mais le marché pourrait se situer à un tournant, en Ile-de-France comme en Province.

immobilier
Crédit: iStock.

C’est un fait, les particuliers qui nourrissent un projet d’achat immobilier ressentent de plus en plus fort la pression du marché, considérant même qu’elle s’est accentuée sur le dernier trimestre, selon la 27ème vague de l’Observatoire Logic-Immo du moral immobilier (6.000 vendeurs et acheteurs interrogés).

Ainsi, les futurs acquéreurs se disent conscients à 56% que la concurrence est rude dans leur zone de recherche, avec plus d’acheteurs en présence que de biens à vendre (47% en octobre 2018). Malgré des prix qui se tendent, en particulier en Ile-de-France, ils sont toutefois 69% à trouver le moment très opportun pour acheter, notamment en raison de la faiblesse des taux des crédits immobiliers.

A LIRE >>> Immobilier : ces villes où l’on peut s’acheter jusqu’à 50m² de plus qu’il y a 10 ans

De l’autre côté de la barrière, les vendeurs ont eux aussi le moral. « 69% des personnes ayant un projet de vente dans l’année considèrent que c’est le bon moment pour vendre », détaille l’Observatoire. Néanmoins, deux freins sont principalement ressentis par ceux-ci : l’absence d’offres sur le bien (35% des vendeurs concernés, notamment hors Ile-de-France) et la crainte que le prix définitif de vente soit inférieur à celui fixé.

L’Ile-de-France, un marché aux prix « irréalistes »

L’étude Logic-Immo pointe aussi le fossé qui s’est creusé entre le marché francilien et le reste de la France : la pénurie de biens qui avantage forcément les vendeurs. Mais ces derniers n’en demeurent pas moins inquiets pour une bonne et simple raison : ils sont majoritairement des vendeurs/acheteurs (88%), motivés « autant pour trouver un logement plus adapté/changer d’environnement (48%) que pour concrétiser un nouvel achat (45%) ».

A LIRE >>> Immobilier : ce qu’il faut gagner pour s’acheter 50m² à Paris est délirant

Et sur ce marché où 65% des acheteurs jugent les prix sont irréalistes (58% pour l’ensemble des acheteurs), les vendeurs sont donc plus préoccupés par la nécessité de fixer le bon prix de vente pour ne pas vendre en dessous du prix du marché (27%) que par le fait de ne pas vendre assez vite (21%), souligne l’étude.

Ailleurs en France, le son de cloche n’est pas le même. Avec un ratio de 3/4 acheteurs pour 4/5 vendeurs parmi les interrogés, l’Observatoire Logic-Immo note que les vendeurs en province sont un peu moins confiants en l’accomplissement de leur projet (56%) mais aussi plus préoccupés de ne pas vendre leur bien assez vite (30%).

A LIRE >>> Emprunt immobilier: la domiciliation des revenus bientôt supprimée

Acheteurs comme vendeurs épousent par ailleurs la même vision plutôt pessimiste de l’évolution du marché dans les 6 prochains mois : « 49% des vendeurs hors-Ile-de-France s’attendent à une dégradation du contexte économique en France (44%pour l’ensemble des vendeurs) », relève l’étude, « une hausse des prix ne semble plus d’actualité, sauf en Ile-de-France ».

Autant de signaux faibles qui laisseraient présager d’une contraction du marché, en premier lieu en province. « Une mise en perspective historique et des comparaisons internationales soulignent le caractère atypique des dynamiques observées sur le marché immobilier français, ce qui accentue la probabilité d’une correction », note Thomas Grjebine, Economiste au Centre d’Etudes Prospectives et d’Informations Internationales, à l’occasion de la présentation de l’Observatoire du Moral Immobilier.