Prêt immobilier : la libre concurrence sur l’assurance emprunteur ne se fait pas vraiment

L’assurance emprunteur reste un marché « capturé » par les banques selon le sénateur à l’origine de l’amendement qui permet désormais de renégocier annuellement les contrats.  

"Un tiers de ménages ont un prêt immobilier et 80% d'entre eux disposent encore d'une assurance souscrite auprès de la banque", note un courtier. Crédit: iStock.

Le marché de l’assureur emprunteur, estimé à 9 milliards d’euros, est demeuré captif du secteur bancaire, a estimé jeudi le sénateur socialiste Martial Bourquin, auteur d’un amendement permettant de renégocier annuellement tout contrat d’assurance emprunteur.

Malgré l’entrée en vigueur le 1er janvier 2018 de cet amendement, « on s’aperçoit que la libre concurrence ne se fait pas vraiment parce que des positions acquises sont là », a dénoncé le sénateur du Doubs lors d’une conférence de presse organisée par un courtier en assurance.

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Selon le sénateur, « il y a 3 milliards d’euros à récupérer » pour les consommateurs sur un marché de l’assurance emprunteur évalué à 9 milliards d’euros. 

« Le secteur bancaire a capturé l’argent de ces assurances qui sont à des prix prohibitifs, voire scandaleux parfois », a-t-il poursuivi. « On ne peut pas rester dans la situation actuelle », a estimé M. Bourquin évoquant des « lourdeurs »et des « manœuvres dilatoires » de la part des banques concernant notamment la date de résiliation ou substitution du contrat d’assurance.

Des décrets d’application à clarifier

« Les décrets d’application de la loi ne sont pas suffisamment clairs », a-t-il concédé. Pour ce faire, le sénateur indique avoir déposé une proposition de loi précisant que la date anniversaire de signature de l’offre de prêt constitue la date d’échéance éventuelle du contrat.

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D’après ce texte, déposé le 10 avril au Sénat, les banques seraient également tenues de communiquer chaque année à leurs clients la date anniversaire de la signature de l’offre de prêt. En cas de non-respect de cette disposition, elle pourra être sanctionnée par une amende de 1.500 euros. Le texte prévoit de rendre publiques les amendes prononcées à l’encontre des prêteurs condamnés dans une logique de « name and shame » (« nommer et faire honte », ndlr).

« Un tiers de ménages ont un prêt immobilier et 80% d’entre eux disposent encore d’une assurance souscrite auprès de la banque, c’est effectivement pour nous un marché très important » mais encore « très poussif », a déclaré pour sa part, Loïc Biver, président de Praeconis, courtier grossiste spécialiste de l’assurance emprunteur et organisateur de la conférence de presse. 

D’après ce professionnel, l’assurance emprunteur représente en moyenne plus de 25% du coût du crédit immobilier.

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