Immobilier: nouveaux propriétaires d’un terrain, ils coupent une haie de cyprès, la justice les condamne à la replanter

L’acquéreur d’un terrain tenu d’en conserver les arbres si le vendeur en avait fait une condition de la vente est l’illustration de la possibilité du vendeur de créer une servitude.

Seules restrictions, la servitude ne doit pas être contraire à l'ordre public, ont rappelé les juges,. Crédit: iStock.

Le code civil permet au propriétaire d’un bien de créer une servitude comme « bon lui semble » dans l’intérêt de cette propriété et il peut l’imposer au propriétaire qui lui succède.

La Cour de cassation (Cass. Civ 3, 6.6.2019, K 17-31.771) a ainsi jugé que l’acquéreur d’un terrain était tenu d’en conserver les arbres si le vendeur en avait fait une condition de la vente.

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Après avoir acheté un terrain, les nouveaux propriétaires avaient fait couper une haie de cyprès située sur une limite. L’ancien propriétaire a contesté car il avait fait insérer dans l’acte de vente l’obligation de conserver cette haie, ce que les acquéreurs avaient accepté en apposant ostensiblement leur signature à côté de cette clause.

Une condamnation à replanter la haie

Seules restrictions, la servitude ne doit pas être contraire à l’ordre public, ont rappelé les juges, c’est à dire nuisible à la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques. Elle ne doit pas non plus être liée à une personne mais au bien lui-même et ne doit pas être perpétuelle.

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Dans le cas présent, la justice a estimé, contrairement aux nouveaux propriétaires, que la servitude n’était pas perpétuelle mais limitée à la durée de vie des arbres. Les juges ont ajouté qu’elle devait aussi être respectée parce que le vendeur en avait manifestement fait une condition essentielle de la vente.

Les nouveaux propriétaires des lieux ont été condamnés à replanter des arbres de la hauteur de ceux qu’ils avaient abattus, sous astreinte en cas de retard, et avec l’interdiction de les couper tant qu’ils ne seront pas dangereux.

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