[Immobilier] Affaire Maranatha: après la faillite, la colère des petits investisseurs

Le plan de continuation proposé par Colony Capital, et approuvé par le tribunal de Marseille, empêche les actionnaires individuels d’être remboursés dans des conditions acceptables.

Les petits porteurs ont introduit une procédure de tierce opposition au projet de Colony. Crédit: iStock.

La colère gronde dans les rangs des actionnaires individuels de feu le groupe hôtelier Maranatha. Parmi les 6.000 petits porteurs de parts du groupe qui a fait faillite en 2017, environ 200, représentés par le cabinet d’avocats DTA, ont déposé deux recours devant le tribunal de commerce de Marseille pour tenter de s’opposer au plan de redressement validé par ce dernier le 17 octobre 2018.

Quand ils ont investi dans les années 2000, Olivier Carvin, le patron du 5e groupe hôtelier de France exploitant une cinquantaine d’hôtels 3 et 4 étoiles, leur promettait un rendement de 7% par an… avec très peu de risque!

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Vingt ans plus tard, Maranatha, à l’agonie, a vu ses actifs repris par le fonds d’investissement Colony Capital, après une autre décision du tribunal de commerce de Marseille du 28 octobre 2018.

« Il est invraisemblable que les investisseurs particuliers, dont certains ont placé une majeure partie de leurs économies, n’aient pas été entendus dans cette procédure, réagit Julien Turczynski, avocat au cabinet DTA. Le plan de continuation proposé par Colony Capital, et approuvé par le tribunal de Marseille, les empêche d’être remboursés dans des conditions acceptables. »

Le projet d’émission d’obligations contesté

En effet, Colony Capital propose aux investisseurs soit le paiement immédiat de 25% de leur créance (et donc l’abandon du reste), soit le remboursement sur cinq ans dans le cadre du plan de continuation, qui est jugé hautement incertain par leur défenseur.

« Ces particuliers ont investi dans une entreprise et n’ont pas acheté des parts d’un fonds qui gère un plan de continuation de façon discrétionnaire, s’en réservant la part du roi, en ponctionnant notamment 40% au titre de rémunération sur la vente d’actifs », souligne-t-il.

L’avocat conteste encore le projet d’émission d’obligations à un taux de 15% pour financer le besoin en fonds de roulement alors que, selon lui, l’exploitation peut tout à fait s’autofinancer, la trentaine d’hôtels 3 étoiles dégageant environ 10 millions de trésorerie par an.

Les petits porteurs ont donc introduit une procédure de tierce opposition au projet de Colony et souhaitent présenter un autre plan de redressement au tribunal. Parallèlement, ils exercent une demande de rétractation du liquidateur amiable qu a été désigné sans l’accord de l’assemblée générale des actionnaires. Et sollicitent la désignation d’un mandataire judiciaire. La bataille ne fait que commencer

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