Immobilier neuf: le nombre de permis de construire reste stable au deuxième trimestre

Alors que le nombre de permis délivrés se stabilise, les mises en chantier marquent le pas. Une conséquence de la réductions des aides à la propriété et des élections municipales qui approchent.

Le nombre d'immeubles mis en construction est en baisse. Crédit: Istock

Après un an et demi de baisse, les chiffres se stabilisent, concernant la délivrance de permis de construire. Pendant ce temps, le nombre de mise en chantier continue de baisser. Entre avril et juin, 111 800 nouveaux logements ont été autorisés, le même niveau qu’un an plus tôt, et 95 300 ont commencé à être construits, une baisse de 7,9%, selon les chiffres publiés lundi par le ministère de la Cohésion des Territoires, dont dépend le logement.

La construction de logements neufs est en repli depuis le début 2018, même si elle reste nettement au-dessus de son dernier gros creux, en 2015. Les experts évoquent en particulier le cas des « zones tendues », qui comprennent notamment les principales métropoles françaises, des endroits où les pouvoirs publics considèrent le marché déséquilibré. C’est là que se concentrent les promoteurs, qui construisent les immeubles, et font, effectivement, état depuis des mois de leurs difficultés à lancer des projets.

« Ca baisse en zones détendues parce qu’il y a moins de demande », mais aussi « en zones tendues parce qu’il y a une faiblesse de l’offre », a souligné M. Eluère. « C’est long et difficile de lancer de nouveaux projets en zones tendues, notamment parce qu’il y a une rareté du foncier. » La production est compliquée », avait regretté fin mai Marc Villand, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), lors de la présentation d’un bilan trimestriel, selon qui les prochaines élection municipales « sont un frein puissant. »

Les promoteurs mettent en effet l’accent sur la timidité des élus à octroyer des permis de construire à l’approche des élections de 2020, un phénomène classique mais qu’ils craignent particulièrement cette fois. « Ces élections municipales vont peser encore plus que les autres », avait jugé M. Villand, citant notamment la multiplication des listes des candidats, de nature à inciter à une surenchère politique.

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Fin du prêt à taux zéro

Du côté des zones détendues, où ce sont les maisons qui dominent, la situation est différente. Là, les professionnels, qui ont déjà subi un net recul des ventes l’an dernier, y voient les conséquences de la fin programmée d’aides publiques dans ces régions. C’est, en particulier, le prêt à taux zéro (PTZ) qui doit être supprimé l’an dernier en zones détendues, alors qu’il a déjà été rendu nettement moins intéressant.

« Le dynamisme du crédit immobilier ne doit pas faire oublier le rôle décisif des aides publiques pour le secteur du logement, notamment celles dédiées à l’accession à la propriété des ménages modestes », avait estimé en mai Grégory Monod, président des Constructeurs et Aménageurs (LCA), principale fédération des constructeurs de maisons. « Comme le PTZ ne sera plus du tout éligible à partir de 2020 (en zones détendues), cela peut expliquer qu’il y ait un effet d’aubaine pour construire des logements individuels avant que ça s’arrête », a prévenu M. Eluère. « En 2020, il peut y avoir une baisse marquée. »

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Le secteur du logement individuel progresse

Pour l’heure, les mises en chantiers, témoins du niveau réel de la construction, poursuivent leur déclin à un rythme semblable à celui du précédent trimestre, avec un recul particulièrement marqué dans les immeubles (-11%). En revanche, la stabilisation des permis de construire, indicateur plus avancé, laisse attendre une interruption ou, du moins, un ralentissement du déclin de la construction, même si ce processus n’est pas automatique et peut notamment pâtir d’un taux élevé d’annulation.

C’est notamment dans les logements individuels, c’est-à-dire les maisons, que les permis connaissent un rebond, que ce soit dans le pur (+3,7%) ou le groupé (+3,2%). Le premier correspond aux maisons individuelles résultant d’une opération de construction ne comportant qu’un seul logement, tandis que le second regroupe celles qui sont intégrées à un programme plus large.

Par contraste, les immeubles ne connaissent pas d’embellie: les permis y déclinent (-6%) même s’ils ralentissent leur baisse par rapport au précédent trimestre. Exception à ce phénomène, les résidences gérées – décomptées séparément du reste des immeubles – font un bond de plus d’un quart dans les permis de construire. Même si elles restent très minoritaires, elles constituent maintenant près d’un dixième des nouveaux logements autorisés.

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