Corse: taxer les résidences secondaires, sauf pour les Corses ?

Pour mettre un terme à la flambée des prix de l’immobilier sur l’île et aux difficultés de logement de ses habitants, le président de l’Assemblée de Corse souhaite taxer lourdement les résidences secondaires.

L'élu indépendantiste a également dénoncé la spéculation foncière qui serait à l'œuvre dans l'île. Crédit: iStock.

Pour lutter contre la flambée des prix de l’immobilier, le président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, a proposé jeudi de « taxer lourdement les résidences secondaires », sauf celles appartenant à des Corses, une alternative à l’idée de réserver l’accès à la propriété aux résidents corses. 

« L’idée serait de taxer lourdement les résidences secondaires tout en exonérant les résidences patrimoniales, c’est-à-dire celles qui appartiennent aux Corses, en particulier dans leurs villages », a précisé l’élu indépendantiste, lors d’une conférence de presse organisée suite à la polémique provoquée par sa proposition fin août d’exproprier les acheteurs qui ne résidaient pas dans l’île de Beauté lors de leur acquisition.

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« Les résidents permanents effectifs (5 ans de résidence continue) ainsi que les Corses de la diaspora seraient exonérés de la taxe. Cette notion de résidence à vocation fiscale existe déjà en droit français. L’exemple de Saint-Barthélémy (dans les Caraïbes françaises) est particulièrement significatif à cet égard », a développé M. Talamoni. 

Appelant les élus corses à prendre « une position commune vis-à-vis de Paris sur ce sujet » de la flambée des prix de l’immobilier en Corse, M. Talamoni a répété qu’on pouvait « imaginer le statut de résident, mais aussi tout autre chose ».

Inapplicable dans le cadre juridique français

C’est sur la base de ce statut de résident, adopté par une délibération de l’Assemblée de Corse en 2014, avant même l’élection de la majorité nationaliste à la tête de l’Assemblée de Corse fin 2015, que le membre du mouvement indépendantiste Corsica Libera avait proposé d’exproprier les acheteurs non Corses, le 30 août.

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Selon cette délibération, inapplicable dans le cadre juridique français actuel, les achats immobiliers sur l’île seraient réservés aux acheteurs pouvant justifier de « cinq ans de résidence à titre permanent », avec une dérogation pour « les Corses vivant à l’extérieur de l’île ».

A l’appui de ses propositions destinées à préserver l’accès à la propriété pour les Corses, M. Talamoni a évoqué jeudi le cas de ce « petit port comme il y en a beaucoup dans l’île, (où) un appartement de 70 m2 s’est vendu 860 000 euros »: « Cela met l’accès à la propriété hors de portée pour les Corses », a-t-il accusé.

L’élu indépendantiste a également dénoncé la spéculation foncière qui serait à l’œuvre dans l’île, en citant un rapport de l’agence de l’urbanisme et de l’énergie selon lequel en 2017 il a été construit 1,18 m2 par habitant en Corse contre seulement 0,46 m2 en Ile-de-France, 0,64 m2 en région Paca ou 0,50 m2 en Martinique.

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