Immobilier : quelles sont ces villes de report vers lesquelles se tournent les Parisiens pour se loger

La flambée des prix dans la capitale poussent de plus en plus de ménages à se tourner vers la petite couronne parisienne pour se loger. Mais quelles sont les villes qui ont le vent en poupe ?

"Les employés ou cadres moyens travaillant à Paris se voient obligés de migrer vers la petite et grande couronne francilienne" constate Pierre-Henri Vevaud, directeur régional Grand Paris chez le courtier en crédit immobilier Cafpi. Crédit : Istock

Pour Pierre-Henri Vevaud, directeur régional Grand Paris chez le courtier en crédit immobilier Cafpi, le constat est sans appel : « La conséquence de l’envolée des prix sur Paris est que seuls les CSP+ et les héritiers peuvent acheter dans la capitale. Les employés ou cadres moyens travaillant à Paris se voient obligés de migrer vers la petite et grande couronne francilienne ». Avec un m² moyen estimé à plus de 10 000 €, les prix de l’immobilier parisien deviennent prohibitifs pour de nombreux foyers : « On peut ajouter à cela, la pénurie de logements familiaux disponibles à la vente dans la capitale », ajoute Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi : « Si vous cherchez un 80 m² dans la capitale, que vous ayez ou non d’excellents revenus, vous aurez beaucoup de mal à trouver à Paris. »

Proximité géographique

Pour déterminer le marché de report le plus adapté à leur situation, les Parisiens font preuve de pragmatisme : « Ils misent tout sur l’emplacement géographique », observe Brice Cardi,  président du réseau l’Adresse. « Par exemple, ceux qui étaient locataires dans le 15 ème vont chercher du côté de Châtillon, Montrouge et l’ensemble des communes limitrophes du sud. Ceux qui résidaient à l’ouest se tourneront davantage vers Neuilly-sur-Seine, Boulogne ou Levallois-Perret, et les habitants du nord est iront regarder près Montreuil, Saint-Denis ou de Saint-Ouen ». Les communes les plus plébiscitées sont celles déjà reliées au métro, comme Bagnolet ( + 9,9 % d’acheteur sur un an) ou Saint-Ouen (+ 8,1 %). 

Envolée des prix

« Nous observons une envolée des prix dans les 1 764 villes de l’aire urbaine parisienne, avec une hausse moyenne de 6,1 % par an. Sur ce secteur, la demande augmente de 26 % en un an », constate-t-on chez MeilleursAgents. A Montreuil, les prix se négocient autour des 6 000 €/m² voire 8 000 € pour des biens de grande qualité. La ville devient un marché de report pour Parisiens, mais également pour les Vincennois où les prix flambent. Le m² moyen près du métro oscille désormais entre 9 000 €/m² et 11 000 €/m². Même constat dans l’ouest, où certains professionnels du côté de Neuilly-sur-Seine voient passer des biens toujours plus chers, entre 11 000 € et 15 000 €/m². Près de la Porte de Saint-Denis, en seulement 5 ans, les prix ont gonflé de 31,6 %, faisant du quartier l’un des plus demandé sur le plan immobilier ces dernières années d’après les notaires de Paris Île-de-France.

Le pari du Grand Paris

Les primo-accédants les plus modestes sont ainsi contraint de se retirer en grande couronne. Les plus stratèges s’intéressent à l’ouverture des futures lignes du Grand Paris pour s’installer  comme à Vitry-sur-Seine : « Les CSP + sont de plus en plus nombreux. Ils profitent du m² encore abordable dans la ville, autour de 4 500 €, pour acheter avant que les deux futures stations du Grand Paris arrivent, et fassent grimper les prix », constate Brice Cardi.

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Comme le précise les notaires de Paris-Île-de-France, le marché des appartements pour la Grande Couronne est plus dynamique que jamais avec une hausse des ventes de 19 % cette année par rapport à l’an passé. Des villes comme Versailles ou encore Massy-Palaiseau, traversée à l’horizon 2030 par la future ligne 18 du métro, attirent désormais. « Les trois départements d’Île-de-France les plus plébiscités par les nouveaux acquéreurs sont : les Hauts-de-Seine, les Yvelines et l’Essonne », constate le Crédit Agricole d’Île-de-France dans son baromètre du logement pour le premier semestre 2019. Les prémisses de l’effet Grand Paris…

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