Locations Airbnb illégales: la mairie de Paris durcit le ton et envoie la police

Devant le refus d’un contrôle de logements soupçonnés d’être des locations illégales, la mairie de Paris a demandé à la justice de pouvoir entrer dans des appartements. La Ville et la police ont mené le contrôle conjointement.

179 propriétaire parisiens ont été condamnés en 2018 pour des locations frauduleuses sur Airbnb. Crédit: Istock

L’autorité municipale ne suffit pas toujours pour lutter contre les locations illégales de logements meublés sur Airbnb. Et la mairie de Paris compte bien utiliser tous les moyens à sa disposition. Ainsi, selon un communiqué de la Ville, un premier contrôle a été mené mercredi 16 octobre par la police pour pouvoir pénétrer dans le logement et vérifier les conditions d’occupation.

La mairie avait dans le viseur un immeuble de la rue Jean-Nicot, situé dans le 7e arrondissement de la capitale : il abriterait « des locations meublées de courtes durées frauduleuses », note le communiqué. Un premier contrôle a eu lieu en janvier 2018 ce qui a permis d’identifier six appartements loués sur Airbnb. Mais la société qui gère les locaux est basée à l’étranger et refuse de donner suite aux demandes de la mairie de Paris. Cette dernière souhaite entrer dans les locaux pour constater l’infraction et déclencher les procédures judiciaires.

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65 000 logements parisiens sur Airbnb

La Ville s’est donc tournée vers le Tribunal de grande instance pour déposer une « requête visant à autoriser les agents assermentés du Bureau de la protection des locaux d’habitation (BPLH) à pénétrer les logements concernés pour y réaliser les constats sur les conditions d’occupation ». Le juge ayant accédé à la demande en juin 2019, la Ville et la police ont pu « faire ouvrir » la porte des appartements concernés mercredi.

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Près de 65 000 logements parisiens sont mis en locations sur Airbnb. Selon l’adjoint à la maire de Paris en charge du logement, Ian Brossat, « une bonne partie d’entre eux, sans doute une bonne moitié, sont des locations illégales qui n’ont pas de numéros d’enregistrement », déclarait-il fin septembre. « Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus confrontés à des professionnels, des multi-propriétaires qui achètent des logements avec pour seul objectif de les transformer en machine à cash », ajoutait-il. En 2018, 188 propriétaires ont été convoqués au tribunal pour une présomption de location frauduleuse. Il y a eu 179 condamnations. Le montant total des amendes s’est élevé à 2 138 500 euros.

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