Immobilier: la construction de logements ralentit, record de transactions et prix en hausse

Témoin de l’intensité de la demande, le nombre de ventes atteint un niveau jamais vu et s’installe au-dessus du seuil du million, passé à la mi-2019.

Principale raison évoquée pour justifier du dynamisme du marché : c'est la baisse des taux d'intérêt des crédits immobiliers. Crédit: iStock.

La construction de logements en France continue à décliner, malgré une demande intense qui suscite un nombre de transactions record et une hausse des prix persistante, en particulier à Paris où ceux-ci s’installent à plus de 10.000 euros le m2. « Il y a un manque d’appartements en France et en Ile-de-France », a résumé jeudi le notaire parisien Thierry Delesalle lors d’une conférence de presse trimestrielle sur le marché des logements anciens.

Celui-ci poursuit son essor entamé voici bientôt quatre ans: au troisième trimestre, les prix français ont gagné 3,2% par rapport à un an plus tôt, selon les données conjointes de l’Insee et des notaires. 

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Témoin de l’intensité de la demande, le nombre de ventes atteint un niveau jamais vu et s’installe au-dessus du seuil du million, passé à la mi-2019. Sur l’année écoulée fin septembre, il s’est établi à 1.059.000.

Symbole le plus emblématique de cet essor, le marché parisien confirme sa flambée et son passage – très commenté trois mois plus tôt – au-delà des 10.000 euros le mètre carré. Il s’établit au troisième trimestre à 10.080 euros (+6,1%) et devrait finir l’année encore plus haut, selon les premières indications des notaires.

Comment expliquer ce trimestre « dynamique et confiant dans la pierre », selon les termes de M. Delesalle, à travers le pays et au-delà de la seule situation parisienne?

D’abord, « la principale raison, c’est la baisse des taux: ça baisse, ça baisse, (…) ça baisse et ça continue à baisser », a-t-il répondu. Les conditions de crédit sont toujours extrêmement avantageuses pour les ménages, conséquence de la politique monétaire d’un interventionnisme sans précédent de la Banque centrale européenne (BCE).

Les notaires tentent toutefois d’autres explications, plus de circonstances, dont en premier lieu les incertitudes créées par le gouvernement autour de sa réforme des retraites, à l’approche d’un mouvement social qui s’annonce important en décembre.

L’immobilier « reste une valeur refuge quand on a un climat social et économique qui ne semble pas trop rassurer les Français », a avancé la notaire Elodie Frémont.

Manque d’immeubles

Reste une dernière explication qui, comme le très bas niveau des taux, s’inscrit dans la durée: une offre insuffisante de logements, comme en témoigne encore ce jeudi un ralentissement de la construction.

Celui-ci dure depuis maintenant deux ans et touche à la fois le nombre de logements effectivement construits, mesuré par les mises en chantier, et celui à venir, indiqué par les permis de construire.

Entre août et octobre, le nombre de mises en chantier a encore décliné de 3,2% par rapport à un an plus tôt, et celui des permis a reculé de 4,1%, selon des chiffres donnés par le ministère de la Cohésion des Territoires, dont dépend le logement.

Ce recul de la construction est en fait contrasté. Le marché des maisons s’est plutôt redressé ces derniers mois et ce sont surtout les nouveaux immeubles qui peinent à apparaître. « le marché est assez équilibré pour les maisons, un peu moins pour les appartements », a estimé M. Delesalle, jugeant par exemple l’offre suffisante dans les départements franciliens les plus éloignés de Paris, là où les maisons sont répandues.

Les promoteurs immobiliers, qui créent ces nouveaux immeubles, expliquent d’abord leurs difficultés par la timidité des élus à octroyer des permis de construire à l’approche des municipales de 2020, même s’ils donnent aussi d’autres explications comme une hausse des coûts de construction.

Or, « on le voit à chaque fois dans les secteurs où il y a beaucoup de construction: ça assagit les prix. Mais ça ne va pas se faire en six mois, c’est sûr », a prévenu M. Delesalle.

En attendant, « 2020, on pense qu’il n’y aura pas de changement » au niveau du marché immobilier, a-t-il conclu, évoquant là encore aussi le niveau des taux et le contexte social.

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