Immobilier: comment louer en toute légalité à des touristes

Face au développement anarchique de l’offre en meublé de tourisme dans les grandes villes, la réglementation s’est durcie. Peut-on encore faire de la location saisonnière partout ? Quelles sont les règles à suivre ? Réponses. Enquête

Les perspectives de rentabilité mirobolantes ont tendance à occulter les inconvénients de la formule. Crédit: iStock.

Il est très tentant pour un propriétaire de proposer son bien à la nuitée ou à la semaine, à une clientèle de passage, constituée de touristes ou de cadres en déplacement. Même si le logement n’est pas loué tous les jours, les revenus ainsi perçus sont facilement multipliés par deux ou trois, par rapport à une location classique.

Les plates-formes de réservation, type Abritel HomeAway, Airbnb ou Booking foisonnent et font tout pour faciliter la mise en relation des « hôtes » et des « voyageurs ». Quelques clics et quelques mails suffisent pour se mettre d’accord. Peu de risques d’impayés, puisque ces locataires en transit ne s’installent pas pour très longtemps et règlent toujours d’avance.

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Même la fiscalité est avantageuse

Les revenus sont imposés au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Avec deux possibilités. Soit vous optez pour la déclaration des frais réels, qui vous permet de déduire l’ensemble des charges mais également l’amortissement de votre bien. Soit vous choisissez l’abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes, si celles-ci ne dépassent pas 70 000 euros.

Vous pouvez même bénéficier d’un abattement forfaitaire de 71 %, applicable jusqu’à 170.000 euros de revenus annuels, si vous obtenez le classement « meublé de tourisme » du bien loué (démarches et liste des organismes certificateurs sur la plate-forme atout-france.fr).

Toutefois, ces perspectives de rentabilité mirobolantes ont tendance à occulter les inconvénients de la formule. La durée moyenne de séjour des voyageurs étant courte, de l’ordre de trois à quatre nuits, la gestion des départs et arrivées impose une grande disponibilité de la part du propriétaire. Il en va de même pour l’entretien du logement et du mobilier, voués à se dégrader rapidement. Des services de conciergerie proposent de tout prendre en charge, mais ils ont un coût – entre 20 et 25 % des recettes.

Surtout, il faut composer avec une réglementation de plus en plus contraignante, voire dissuasive. Car depuis quelques années, les pouvoirs publics sont entrés en guerre contre la location touristique qui, selon eux, déséquilibre le marché du logement dans les grandes villes au détriment des résidents permanents.

Aujourd’hui, que l’on habite en région parisienne ou en province, il n’est plus possible d’envisager de faire de la location touristique sans se demander si l’on en a le droit et, si oui, quelles sont les conditions à respecter. Selon la situation du bien, les règles sont plus ou moins sévères.

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