Coronavirus: le traitement des dossiers de crédit immobilier reprend

Les banques traitent tous les dossiers de crédit immobilier après une période de ralenti pendant le confinement.

Le baromètre de la Centrale de financement parle d’une hausse moyenne de 0,1 point. Crédit: iStock.

Les banques tournaient au ralenti pendant le confinement, mais elles assurent désormais « sans retard » le traitement des dossiers de crédit immobilier, rapporte Capital. « La plupart (d’entre elles) s’étaient concentrées en priorité sur les dossiers déjà déposés », précise Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. « Certaines avaient même tout bonnement arrêté d’étudier les dossiers ».

Les nouvelles demandes de prêts seraient peu nombreuses. « La plupart des banques ont traité le stock de crédits qu’elles avaient accumulé avant le confinement », indique Sandrine Allonier. « Les accords de crédit – pour les dossiers qui en obtiennent – sont accordés rapidement, en ce moment, parfois même en quelques jours ! » s’enthousiasme la courtière. Le président de la Centrale de financement confirme au magazine que les banques ont repris le traitement des dossiers. « Les banques ont su s’adapter au confinement avec le recours massif à la signature électronique », relève Sylvain Lefèvre, « et de manière plus générale (grâce) à la digitalisation des procédés ».

La tendance serait légèrement haussière

Cependant, les conditions de financement se sont légèrement resserrées, selon les courtiers. Meilleurtaux relève que « la tendance est très légèrement haussière », avec des taux moyens de 1,15% sur 15 ans, 1,35% sur 20 ans et près d’1,60% sur 25 ans. Le baromètre de la Centrale de financement parle d’une hausse moyenne de 0,1 point. De plus, de plus grands écarts entre les emprunteurs sont à prévoir à l’avenir. Les emprunteurs moins fortunés peuvent obtenir un taux de 2% sur 25 ans, même s’il est encore possible d’obtenir 1% sur 20 ans, pour les meilleurs profils. « Avec des taux d’usure à 2,51%, il arrive de plus en plus fréquemment que des profils à moins de 50 000 euros de revenus annuels soient tout bonnement exclus du marché du crédit », analyse Sandrine Allonier. Le taux d’usure, qui comprend les intérêts du crédit, l’assurance et les frais de dossier et de garantie, est le taux réglementaire au-delà duquel les banques ont interdiction de prêter.  

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Les établissements bancaires appliquent strictement les recommandations du HCSF

Par ailleurs, les banques appliquent, selon Sylvain Lefèvre, président de la Centrale de financement, « encore plus strictement qu’avant les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) ». Les profils qui dépassent les 33% d’endettement sont la plupart du temps invités à oublier leur projet immobilier. Il faut que le remboursement du crédit ne dépasse pas plus d’un tiers de leurs revenus.  Les primo-accédants et les petits investisseurs immobiliers sont les principales cibles de ces mesures.

De plus, pour Sylvain Lefèvre, « les banques possèdent chacune leur propre politique », en ce qui concerne les revenus issus du chômage partiel. « Certaines le prennent en compte, d’autres non ». Sandrine Allonier va plus loin, affirmant que certaines regardent le secteur d’activité de l’emprunteur. « En clair, les établissements craignent qu’un salarié de l’hôtellerie, de la restauration ou du secteur aérien ne peinent à retrouver un emploi » déplore la porte-parole de Vousfinancer.

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