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Immobilier: que change le déconfinement pour les propriétaires et les locataires?

Une étude de l’Observatoire du Moral Immobilier-SeLoger, publiée ce lundi 15 juin, s’est penchée sur les aspirations immobilières des propriétaires et des locataires.

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Crédit: iStock.

Le confinement et le déconfinement ont-ils modifié les projets immobiliers des propriétaires-bailleurs et des locataires ? Une étude de l’Observatoire du Moral Immobilier-SeLoger lève le voile sur leurs doutes et leurs attentes. 

Sur les 654 bailleurs interrogés, 81% déclarent que leurs projets locatifs ont été affectés par la crise du Covid-19. Dans le détails, 32% des projets ont connu des retards en raison des difficultés rencontrées pour effectuer les démarches durant le confinement, 31% ont été reportés et 4% ont été annulés. Si ce pourcentage reste élevé, il est cependant inférieur à celui du mois d’avril. Un moment où 96 % des projets d’investissements locatifs étaient impactés par le confinement.

Néanmoins, l’étude de l’OMI SeLoger révèle que 77% des bailleurs questionnés se disent confiants quant à la concrétisation de leur projet d’investissement locatif. Ils étaient pourtant 83% à ne pas douter de l’aboutissement de leur projet pendant le confinement. 

Une crise très dure

En matière de loyers, 58 % des propriétaires tablent sur une stabilisation du montant des loyers, en France, dans les six prochains mois. Et ils ne sont que 20% des propriétaires à s’attendre à une baisse des loyers. Pendant le confinement, ils étaient 35% à partager cette opinion.

Très dure, la crise du coronavirus a marqué les esprits. Si ses conséquences économiques ont conduit une partie des Français à voir leurs revenus baisser, voire à perdre leur emploi… Beaucoup de propriétaires redoutent que leurs locataires ne soient plus en mesure de payer leurs loyers à la fin du mois. « Le besoin de sécuriser leurs revenus locatifs est une préoccupation récurrente des propriétaires bailleurs, d’où l’enjeu de bien s’informer sur les garanties qui existent », rappelle Séverine Amate, porte-parole chez SeLoger.

La peur d’une baisse de pouvoir d’achat

De la même manière, les bailleurs s’interrogent sur leur capacité à conserver leur pouvoir d’achat. Ils sont 28 % à s’attendre à ce que, dans les six prochains mois, les prix augmentent plus rapidement que leurs revenus. À titre de comparaison, lors du confinement, 52% des propriétaires bailleurs avaient déclaré s’attendre à ce que leur pouvoir d’achat se dégrade.

Du côté des locataires, les recherches d’un logement ont aussi été contrariées par le confinement. Logiquement, 80% des 2 400 futurs locataires interrogés affirment que leur projet a été impacté par la crise du covid 19. La suspension des visites en « présentiel » a complexifié les démarches de bon nombre de candidats à la location. En avril, 92% des projets locatifs avaient été freinés par le confinement. 

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Logiquement, sitôt le 11 mai et le déconfinement arrivé, 41% des projets de location d’un logement ayant été engagés ont été réactivés. Mais 22% des projets ont dû être décalés au mois de juin, 14% à l’été, 15% à la rentrée et 12% à 2021. « Le volume de consultations des annonces et les mises en relation avec les professionnels de l’immobilier explosent depuis le déconfinement », commente Séverine Amate.

Peu d’amateurs de visites à distance

L’étude met également en avant le fait que 22 % des futurs locataires cherchent à se rapprocher des métropoles où se concentrent les créations d’emplois, alors que 38 % veulent, au contraire, s’en éloigner. Enfin, pour 16 % des locataires, la présence d’un espace extérieur (terrasse, balcon, jardin) constitue désormais un critère essentiel. Une envie déjà forte avant le confinement, puisque 56% des locataires étaient en quête d’un bien avec un extérieur.

Si le confinement a bousculé pas mal d’habitudes, l’étude de l’OMI Seloger explique que seulement trois futurs locataires sur 10 ont eu recours aux « visio-visites » durant – et même après – le confinement. Et 18 % des candidats à la location se disent prêts à signer le bail d’un logement qu’ils n’auraient pourtant visité qu’à distance. 

Et pour ce qui est de leur budget, les locataires sont pessimistes. Ils sont 42% à craindre une augmentation des loyers dans les prochains mois, soit 10 points de plus qu’au mois d’avril.