Immobilier : l’impact du télétravail sera-t-il si conséquent ?

Les Français sont en grande majorité en cours de revoir leur projet immobilier, réfléchissant à comment ils vont gérer le télétravail, les choix de logements pour s’agrandir et les prix des biens qui se maintiennent relativement haut malgré la crise. Une récente étude d’OptiHome traduit une évolution pérenne du télétravail puisque 16% des actifs en poste ont recours au télétravail de façon officielle et contractualisée en 2020 (7 points de plus qu’en 2019).

De la réflexion à l’achat

Un logement pour y vivre et travailler. C’est l’un des principaux constats de l’enquête OptiHome pour le réseau immobilier CapiFrance. Pour un tiers des personnes interrogées, qui veulent concrétiser un projet immobilier depuis le déconfinement, la volonté d’acquérir un bien avec un extérieur se démarque, plus celle de gagner une pièce supplémentaire pour travailler. « C’est le constat que nous avons fait sur le terrain. Le télétravail a eu un vrai effet sur les nouvelles recherches. D’ailleurs, pour 63% des secondo-accédants, cela concerne principalement Paris et l’Ile-de-France ainsi que la ville de Lyon » analyse Philippe Buyens, directeur général chez CapiFrance.
Dans un sondage réalisé auprès des particuliers en juin, commandé par la FNAIM, et dévoilé début juillet, 62 % d’entre eux trouvent encore pertinent de vouloir devenir propriétaire pour la première fois (contre 77 % en 2019 et 2018), 50 % pour investir dans de l’immobilier locatif et 46% pour acheter une résidence secondaire. Mais « ces chiffres sont à relativiser car même s’ils demeurent haut, ils sont tout de même en net recul par rapport aux années précédentes, notamment chez les primoaccédants » détaille Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM. « Par ailleurs, 38 % seulement des ménages intéressés estiment que la conjoncture est favorable à la revente de leur logement pour en racheter un autre, contre 56 % en 2019. Cela témoigne de la frilosité des Français à se lancer aujourd’hui dans un projet immobilier » nous apprend le sondage.

Le boom de la résidence secondaire s’atténue

Beaucoup annonçaient un effet du télétravail sur l’acquisition de résidences secondaires, « au vert », loin des centre villes. En prenant en compte le risque latent d’une seconde vague du coronavirus à l’automne, d’un télétravail généralisé sur une à deux journées par semaine, voire plus, « le boom de la recherche de la résidence secondaire » annoncée fin mai, serait en passe de devenir celui de la résidence principale. « Un ensemble de facteurs se conjuguent post-crise du coronavirus. Il semblerait que les citadins souhaitent investir dans un logement qui leur permette de vivre, travailler et éventuellement passer leur congés » précise Philippe Buyens. Des villes comme Tours, Orléans et Angers, à une ou deux heures de Paris sont très demandées actuellement dans le réseau CapiFrance. « Les mises en vente des biens immobiliers ont doublé à Paris, versus 2019, par exemple. Si l’offre dépassait la demande, il pourrait y avoir un impact non négligeable, une régularisation sur les prix pourrait même se produire de ce fait » indique le directeur de CapiFrance.

L’immobilier d’entreprise en pleine mutation

La FNAIM a mis en évidence également quelles seraient les répercussions du télétravail sur le marché de l’immobilier de bureaux. « Une minorité d’entreprises envisage une réduction de leur espace de travail, estime Marie-Laure de Sousa, présidente de Fnaim Entreprises. Il s’agit plus d’une mutation du lieu de travailler qui s’opère. Et il faudra toujours un lieu pour se rencontrer, se retrouver, un endroit qui offrira plus de services à l’avenir » a-t-elle précisé. Cette analyse est confirmée par une étude parue en mai dernier par le cabinet JLL qui estimait que seule une minorité d’entreprises (28%) envisageaient d’ores et déjà de réduire leurs espaces. L’étude mettait en évidence au contraire, une volonté de repenser les espaces de travail « pour trouver un nouvel équilibre entre télétravail et travail sur site, pour 71% des entreprises répondantes ». Ce qui implique une réflexion sur les fameux « open space », très à la mode dans les années 2000. Autre enseignement, la volonté « d’adapter la flexibilité du parc pour aisément réduire ou accroître la voilure en cas de besoin ».

Christina Diego

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Mots-clés : Coronavirusimmobilier

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