Se connecter S’abonner

Immobilier : une reprise qui se fait attendre

Après les mois post-confinement et le réel intérêt des acquéreurs pour des biens qu’ils avaient prévu d’acheter, à quelle reprise faut-il s’attendre ? Premiers éléments de réponse avec le dernier baromètre LPI-SeLoger.

Crédit: iStock.

Un rebond plutôt qu’une reprise. Actuellement, le niveau des transactions est loin de celui de 2019. Le dernier baromètre LPI-SeLoger, publié ce mercredi 22 juillet, fait état d’une baisse de 18% du nombre de transactions réalisées en juin, versus juin 2019. « Le nombre de compromis de vente signés durant les 20 derniers jours de mai a été 3,5 fois supérieur à celui d’avril. Puis le nombre de compromis a encore pratiquement doublé en juin, faisant qu’au total il a presque quintuplé entre avril et juin » fait remarquer Michel Mouillart, Porte-Parole du Baromètre LPI-SeLoger.

Un rebond qui ne peut rattraper le manque de transactions du confinement

Le rebond actuel des recherches et des visites, que constate tous les professionnels du secteur, ne saurait compenser le niveau des transactions si la crise sanitaire n’était pas passée par là. « La reprise des ventes de logements anciens constatée depuis le début du confinement est générale, même si l’intensité du redémarrage n’est pas identique d’une région à l’autre » analyse Michel Mouillart. Côtés acquéreurs, les primo-accédants et les jeunes ménages restent pour le moment à l’écart de ce rebond, privés de la possibilité de financer leur achat, d’après l’analyse de l’expert.

Des prix en hausse malgré tout

Une précédente étude SeLoger, de juin 2020, dévoilait que les Français s’attendaient à ce que le prix de l’immobilier baisse dans les prochains mois. Force est de constater que, « par l’effet conjugué d’une réduction de l’offre et d’un durcissement des conditions d’octroi des crédits bancaires, le prix de l’immobilier continue, au contraire, de progresser, engrangeant 5 % de hausse sur 1 an, et 2,6 % sur le trimestre », d’après le dernier baromètre SeLoger. Au total, seules 2 % des grandes villes accusent une baisse du prix de leur parc immobilier.

Baromètre LPI-SeLoger / juillet 2020

Des centres-villes sous tension

Sur l’année, la hausse minimale est de 10% dans l’immobilier ancien (3 718 €/m², tous logements confondus, 3 314 €/m² pour une maison et 4 097 €/m² pour un appartement) dans près de 25 % des villes françaises de plus de 50 000 habitants.
Michel Mouillart remarque d’ailleurs que « c’est dans les villes que l’épidémie de Covid n’a pas épargnées que la hausse des prix des logements est la plus forte ». Dans le détail, on note que le prix au mètre carré à Mulhouse augmente de 12,8 % sur 1 an. De même pour Metz (+ 9,5 %), Épinay-sur-Seine (+ 10,3 %) et Bondy (+ 11,9 %). À l’inverse, le prix au m² à Paris a ralenti fortement, avec une hausse annuelle qui se limite à 4,6 %, alors qu’elle atteignait 6,7 % en 2019.
Autre constat, sauf pour Brest et Montpellier, les logements coûtent plus cher dans les centres-villes des métropoles que dans leurs périphéries. Des surcotes allant de 10 % (sur le marché des appartements) à 30 % (pour une maison) ont ainsi été relevées.