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Loyers à Paris: 80% des annonces de studio sont illégales

Malgré l’encadrement des loyers, à Paris, les montants demandés par les propriétaires sont trop élevés avec des dépassements de 130 euros en moyenne, selon une étude de Meilleurs Agents.

Plus de la moitié des locations parisiennes ne respecte pas l’encadrement des loyers, un an après la mise en place de cette mesure. C’est le résultat d’une étude de Meilleurs Agents qui a décortiqué 5 500 annonces de logements non meublés dans la capitale. En moyenne, les loyers sont gonflés de 130 euros, soit 1 500 euros par an. 

Les logements de moins de 20 mètres carrés sont les plus touchés 

« Ce sont malheureusement les petits logements qui sont le plus dans l’illégalité alors que ce dispositif devait justement protéger les locataires de ce type de surfaces », explique Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents. Ainsi, pour les studios de moins 20 mètres carrés, la proportion d’annonces illégales explose et atteint 80%. Pour les logements entre 60 et 80 mètres carrés, 45% des loyers ne respectent pas l’encadrement des loyers.  

La part d’annonces illégales augmente également dans les quartiers les plus chers de Paris, comme le XIe et le XIIe arrondissement, ou encore le centre de la ville, qui affichent respectivement 70%, 60% et 67% d’offres non-conformes à la loi. Pour contourner la loi, certains propriétaires joue en effet sur la localisation du bien, sur la présence d’électroménager, la luminosité ou encore la vue. 

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Des sanctions prévues par la loi 

La loi d’encadrement des loyers prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 5 000 euros d’amende pour un propriétaire, voire 15 000 euros s’il s’agit d’une entreprise. Alors, pourquoi une telle proportion d’annonces restent-elles illégales ? Peu de recours sont déposés par les locataires, explique l’enquête. Il est possible de saisir une commission de médiation mais le délai est de trois mois après la signature d’un bail. Après cette période, faire baisser le prix du loyer ou condamner son propriétaire relève du parcours du combattant, nécessitant plusieurs semaines de démarches juridiques. 

Par ailleurs, « il y a un manque de contrôle et encore trop d’abus », comme le déplorait le maire adjoint au Logement d’Anne Hidalgo, au micro d’Europe 1, fin juillet. Un service public municipal pour accompagner les locataires doit être créé. Par ailleurs, Ian Brossat a annoncé la mise en place d’un site internet et d’agences dédiées dans les mairies d’arrondissement.