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Location : tensions autour de la gestion du dépôt de garantie

Le torchon brûle entre professionnels de l'immobilier et propriétaires-bailleurs. En cause : une proposition de loi destinée à changer la donne sur la gestion du dépôt de garantie.

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Crédit: iStock.

« L’UNPI se désolidarise de certains syndicats de professionnels de l’immobilier face à leurs positionnements anti-propriétaires ». Le message lancé par le groupement de propriétaires-bailleurs est fort. Ce dernier s’oppose à ce que la gestion du dépôt de garantie leur échappe, pour intégrer le giron des professionnels de l’immobilier.

La mesure a été proposée par le député (LREM) Mickaël Nogal, à travers une proposition de loi qui doit être examinée prochainement. Un texte qui a le soutien de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) et l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis) notamment.

« Intolérable et coûteux »

« Certains syndicats nationaux d’administrateurs de biens ont déclaré la guerre aux propriétaires privés. Ils souhaitent empêcher les propriétaires de gérer librement leurs biens : recours aux professionnels obligatoire… c’est intolérable et coûteux. Les propriétaires n’ont pas pour vocation de mettre sous perfusion une profession en difficultés », tempête l’UNPI. Le groupement souligne pourtant qu’il « n’a pas pour habitude le dénigrement des professionnels de l’immobilier qui sont des acteurs de terrain ». Mais il juge que les positions prises par leurs instances nationales « imposent la rupture », tant il est « surprenant qu’une profession joue contre l’intérêt de ses propres clients ».

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L’UNPI se retire de Clameur

Pour marquer son opposition, l’UNPI indique se mettre en retrait de l’Observatoire des loyers Clameur, créé il y a plus de 20 ans, et dont le groupement de propriétaires était membre fondateur. Un observatoire que la Fnaim rejoint cette année, et dont l’activité avait été chamboulée plusieurs mois après le départ de l’un de ses membres éminents, le professeur d’économie Michel Mouillart, qui en était le directeur scientifique. « Symboliquement, quand on sait que les deux tiers du parc de logements sont autogérés par les particuliers, un tel départ est embêtant », commente Henry-Buzy Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers (IMSI).

Pour autant, le groupement de propriétaires-bailleurs n’entend pas mettre fin à son activité d’analyse de données sur la location. Dans la foulée, l’UNPI a prévu le lancement d’un nouvel Observatoire « avec de nouveaux partenaires », destiné aux propriétaires qui souhaitent gérer en toute indépendance leurs locations.