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Immobilier : le marché de la construction de logements neufs s’effondre

Si la filière du bâtiment résiste globalement bien au déconfinement, ce n’est pas grâce au marché de la construction de logements neufs qui a chuté de 23,6%.

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Crédit : iStock.

Une dégringolade. Le marché des logements neufs a reculé de près d’un quart sur un an selon la Fédération française du bâtiment (FFB). Si, « les entreprises ont du travail, affichent des carnets de commande garnis et, pour l’heure, parviennent à conserver leurs effectifs permanents », tous les marchés ne résistent pas de la même façon « à la phase compliquée de déconfinement », pour la FFB.

Il en ressort qu’avec la crise, la dégradation du marché du neuf s’accentue. Il « constituerait le principal facteur de recul, avec 23,6% pour le logement neuf et 23% pour le non résidentiel neuf ».

Un phénomène qui s’amplifie

De manière plus détaillée pour les logements neufs, elle explique, qu’en glissement annuel sur sept mois à fin juillet 2020, les mises en chantier ont régressé de 14,9% et les permis de 20,1%. Un phénomène qui semble aller en s’accentuant. Au cours des trois derniers mois, en glissement annuel, les permis se sont effondrés de 27,3% .

« Les tendances à l’amont de la filière augurent des jours sombres, puisque les ventes en individuel diffus reculent de 18,1% en glissement annuel sur sept mois et que les ventes des promoteurs s’effondrent de 30,9% entre les premiers semestres 2019 et 2020 », complète la FFB.

Le neuf pas assez soutenu

La fédération ne cache pas que le secteur du bâtiment, dans son ensemble, doit « beaucoup aux mesures d’urgence immédiatement prises par le gouvernement en faveur des entreprises et de l’emploi. Elles ont permis d’amortir le choc ». Parallèlement, elle estime que le neuf n’est pas assez soutenu et est confronté à « une absence quasi-totale de mesure dédiée ». Pourtant, selon la fédération, la crise y est bien plus forte dans le neuf que dans l’amélioration-entretien.

Alors, pour renverser la situation, elle verrait d’un bon œil l’intégration de plusieurs mesures dans la loi de finances pour 2021. Le retour du PTZ neuf à 40% sur tout le territoire et la prorogation du « Pinel » jusqu’en 2022 en font partie. « Pour que ces mesures aient un impact, il faut aussi très rapidement lever le point de blocage initial, en assouplissant les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière relatives au crédit immobilier », ajoute la FFB.

Des idées pour lever les freins

La fédération a émis plusieurs propositions capables, selon elle, de lever les freins à la reprise. Dans ce but, il lui paraît en premier lieu incontournable de supprimer les délais de paiement cachés dans les marchés privés et publics, en intégrant des modalités de règlement des comptes dans les codes concernés. 

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Il lui semble également nécessaire de supprimer ou d’aménager l’attestation de TVA réduite sur les petits marchés, afin d’éviter les redressements à motif formel et non parce que les travaux facturés ne sont pas éligibles. Elle souhaite enfin la création d’un permis de construire déclaratif dans des zones déjà sous autorisations. Il serait accordé une fois la vérification du dossier par le service instructeur. Cette évolution permettrait d’accélérer la mise en œuvre des travaux.