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La crise du logement neuf se confirme avec 20 000 mises en vente de moins au deuxième trimestre 2020

La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) tire la sonnette d’alarme : elle estime que la crise sanitaire a gravement accentué une crise amorcée en 2019 et parle de pénurie.

Immobilier défiscalisé escroquerie Amiens

L’offre de logements neufs se raréfie de manière inquiétante selon les derniers chiffres publiés par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). La crise sanitaire est venue un peu plus plomber le marché : « la situation est grave et le risque de pénurie avéré », écrit la FPI dans un communiqué. Les mises en vente ont plongé en France au premier semestre 2020 avec -46,7%, particulièrement au second trimestre avec -53,8%, soit 20 000 logements de moins qu’en 2019 à la même période. La FPI rappelle que le second semestre a été marqué par un mois et demi de confinement et un arrêt total de l’activité mais que « le secteur rencontrait déjà des difficultés dès 2019 ». En effet, les mises en vente avaient baissé de 15% entre 2018 et 2019. La raréfaction de l’offre a des conséquences sur les prix de vente, avec une hausse de 3,2%.

De plus, la FPI s’inquiète des effets du confinement sur la demande : les ventes au détail ont chuté de 37,6% au premier semestre, notamment de 51,4% au deuxième trimestre. La baisse était de 5% au dernier trimestre de 2019. Plus que l’accession à la propriété, qui baisse de 48,2%, c’est l’investissement locatif qui « souffre encore plus », avec- 54,7%. « La peur de l’avenir pèse lourdement sur la confiance des ménages », écrit la FPI, même si les ventes ont repris, car elles restent « en net retrait par rapport aux rythmes habituels ». La crise reste limitée grâce aux « achats en bloc » par de grands opérateurs, soit une hausse de 39,1% au deuxième trimestre, « mais c’est une réponse temporaire et partielle aux difficultés sur lesquelles la FPI alerte depuis plusieurs mois ».

Un plan de relance qui prendrait en compte l’immobilier neuf

Les professionnels de l’immobilier neuf estiment que le plan de relance du Gouvernement ne prend pas en compte leur secteur, « qui ne reçoit qu’un dixième des moyens fléchés vers la rénovation, qui plus est sous la forme d’aides complexes et de moyen terme », précise encore le communiqué. La FPI appelle à un « discours volontariste » et à des mesures supplémentaires comme la simplification et la digitalisation de l’urbanisme, la prorogation et le développement des outils de solvabilisation des acquéreurs dès 2021 dans la loi de finances (dont la réduction d’impôt Pinel et le Prêt à taux zéro qui ont fait leur preuve, selon la fédération) et, enfin, la mise en place des aides du plan de relance, sans délai, notamment pour les « maires densificateurs et les fonds friches ».

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« La construction répond à la pénurie de logement, alimente la croissance et accélère la transition écologique », rappelle la FPI, qui estime que les aides à la rénovation ne suffisent pas. « Ne reproduisons pas les erreurs des années 80, quand nous construisions moins de 100 000 logements collectifs par an : nous en payons encore le prix ! Le neuf n’est pas un problème, c’est une solution, pour loger les français et leur donner le cadre de vie sain, confortable et durable auquel ils aspirent », estime Alexandra François Cuxac, présidente de la FPI France.