Se connecter S’abonner

L’encadrement des loyers arrive à Lyon

Après Paris et Lille, Lyon va expérimenter l'encadrement des loyers. Le conseil de la métropole doit autoriser lundi son président Bruno Bernard (EELV) à déposer un dossier en ce sens auprès de l'Etat, pour une mise en œuvre espérée courant 2021.

Après Paris et Lille, Lyon va expérimenter l’encadrement des loyers. Le conseil de la métropole doit autoriser lundi son président Bruno Bernard (EELV) à déposer un dossier en ce sens auprès de l’Etat, pour une mise en œuvre espérée courant 2021. Un feu vert ne fait aucun doute, les écologistes et leurs alliés de gauche détenant la majorité absolue au conseil métropolitain.

La possibilité d’encadrer les loyers pendant une durée de cinq ans, ouverte par la loi Elan de 2018, vaudra pour les deux principales villes de l’agglomération, Lyon et Villeurbanne, où la situation du logement est la plus tendue.

Appartements vides et meublés

Cette disposition, que les Verts et la gauche avaient promise lors de la campagne des municipales, s’appliquera pour les appartements vides comme pour les meublés.

Si la demande lyonnaise devait être acceptée par l’Etat, s’engagera alors avec les autorités un dialogue pour déterminer un certain nombre de zones. Dans chacune d’elles, le loyer maximum applicable correspondra au loyer médian du quartier plus 20%. Actuellement, ce loyer mensuel médian est supérieur à 12 euros/mètre carré sur l’ensemble formé par Lyon et Villeurbanne et peut y monter à 16,2 euros/m2 pour les petites surfaces.

« Il ne faut pas fantasmer sur cette mesure, qui est surtout une mesure signal, qui va seulement permettre de freiner l’augmentation des prix », a souligné devant la presse Renaud Payre (Gauche unie), vice-président chargé de l’habitat à la métropole. « On n’est pas en train de dire qu’on va baisser les loyers », selon lui.

Lutte contre l’inflation

Mais c’est un des leviers qu’entend actionner la métropole pour lutter contre l’inflation des loyers, avec la lutte contre le découpage des grands appartements en petites surfaces (plus rentables) et les abus des plateformes de meublés touristiques.

Renaud Payre a aussi fixé des ambitions plus élevées au nouvel Office foncier solidaire, mis en place par l’ancienne équipe, qui vise à produire davantage de logements en dissociant le prix du foncier de celui du bâti. Il espère construire via cet outil 1.000 logements par an, au lieu de 150 initialement prévus.

Instruit par l’expérience parisienne où l’encadrement des loyers a perdu en efficacité au fil du temps, il a indiqué que ses services travaillaient à la mise en place de « brigades du logement », capables « d’identifier les entorses » à cette mesure et d’en informer les pouvoirs publics.