Se connecter S’abonner

Immobilier : un promoteur récupère son terrain au bout de trois ans de squat

Au bout de trois années, un promoteur immobilier peut enfin lancer son projet à Aubervilliers. Des familles squattaient son terrain depuis 2017.

L’affaire s’est accélérée avec le squat très médiatisé d’un appartement de Théoule-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, à la fin de l’été. Un promoteur immobilier a dû attendre plus de trois ans pour que des squatteurs soient délogés avant de pouvoir lancer son projet à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. L’histoire s’est bien terminée pour le PDG de Valoptim, tout comme pour le retraité propriétaire de l’appartement squatté sur la Côte d’Azur. « Vraisemblablement, grâce à la pression médiatique, j’ai subitement reçu un appel de mon huissier qui m’a averti que l’expulsion aurait lieu en m’indiquant le jour et l’heure », raconte l’entrepreneur au Figaro. Le terrain était occupé illégalement depuis 2017 par des familles. Edouard Pellerin précise qu’il avait déboursé 400 000 euros de frais d’études pour son projet, alors il n’a pas voulu y renoncer.

Au bout de deux ans de procédure, il a donc obtenu gain de cause. Pourtant, l’histoire a connu de multiples rebondissements. « Nous avons supporté deux ans de procédures durant lesquelles les squatteurs ont obtenu, sans vérification, un contrat d’énergie et, ironie de l’histoire, ont payé une taxe d’habitation ! Nos comptes ont même été saisis parce que nous n’avions pas payé la taxe d’aménagement pour un immeuble que nous ne pouvions construire à cause de l’inertie de la justice française », s’agace le promoteur immobilier. Le 13 octobre dernier, des CRS ont finalement évacué le terrain de la banlieue parisienne, sans problèmes avec les squatteurs, qui ont tout de même tenté de revenir pendant plusieurs semaines ensuite. Edouard Pellerin a donc engagé des agents de sécurité et des maîtres-chiens, raconte encore Le Figaro.

Un peu plus de 5 200 euros le mètre carré

Au final, le promoteur va construire un immeuble de 49 logements qui devrait être terminé à l’automne 2022. Le prix de vente est de 5 213 euros HT le mètre carré. Pourtant, le bien se trouvant dans la zone A bis, la loi prévoit que le prix ne doit pas dépasser 4 886 euros HT par mètre carré, s’étonne encore le Figaro. « En tant que promoteur, nous nous exprimons envers nos clients en surface habitable. Les prix plafonds applicables en zones ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) sont et seront respectés car sont régulièrement contrôlés par les autorités compétentes, tout comme les conditions de ressources des acquéreurs », explique le PDG de Valoptim. En fait, l’acquéreur bénéficie d’une TVA à taux réduit à 5,5% s’il achète sa résidence principale en zone ANRU.