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Immobilier : les locataires en difficulté sont plus nombreux à anticiper les impayés

Le nombre de consultations des ADIL de la part des locataires du parc privé a augmenté de 15% sur un an entre septembre et octobre.

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Certains ménages rencontrent de plus en plus de difficultés à payer leurs loyers. L’Agence nationale pour l’information sur le logement (Adil) est consultée par les particuliers qui cherchent des solutions, ainsi que par les bailleurs concernés par des impayés. Si la plateforme « SOS loyers impayés » a été particulièrement sollicitée en juin et en juillet, le nombre de consultations en septembre et en octobre est aussi soutenu selon le baromètre des consultations de l’agence. Ce sont les locataires du parc privé qui consultent le plus les conseillers-juristes de l’Adil : la hausse du nombre de consultations est de 15% par rapport aux mois de la rentrée 2019. L’agence note que les locataires demandent des informations en amont de l’impayé, c’est-à-dire avant de se retrouver face à un problème pour payer leur loyer. A ce stade, aucune démarche ni mise en demeure n’a été lancée par le bailleur.

Par ailleurs, ce sont les salariés du secteur privé qui sont les plus nombreux à être confrontés à ces questions. La part des fonctionnaires et des retraités reste à un niveau très bas. Les ménages ont cherché notamment à avoir des informations sur l’aide exceptionnelle d’Action Logement en juin et en juillet, mais ensuite, leur proportion s’est amoindrie, note encore l’Adil. Ce sont dans les départements de Seine-Saint-Denis, de Paris, de Seine-Maritime, des Bouches-du-Rhône et du Val-de-Marne que les consultations sont en hausse sensible en phase amont, c’est-à-dire avant de rencontrer un problème de paiement. Les départements des Alpes-Maritimes, des Hauts-de-Seine et de Haute-Garonne sont aussi concernés mais dans une moindre mesure.

Plus de 33 000 consultations pour impayés en 2019

L’Adil note aussi dans son baromètre des consultations qu’elles ont atteint des niveaux particulièrement bas pendant la période du premier confinement en ce qui concerne les demandes formulées en raison de la réception d’un commandement de payer ou à des stades judiciaires ultérieurs, appelée phase aval de l’impayé. Un niveau faible qui s’expliquerait par l’activité réduite des tribunaux et des huissiers, ou encore par la suspension de certains délais et par le report de la fin de la trêve hivernale. Les consultations des Adil en phase aval ont repris ensuite à partir du 11 mai et la fin du confinement, pour atteindre des niveaux proches de 2019. L’an dernier, plus de 33 000 consultations ont porté sur les impayés. Plus de 16 000 concernaient la procédure d’expulsion. Avec le reconfinement, la situation de certains ménages risque de se dégrader à nouveau. Les locataires en difficulté peuvent solliciter une aide auprès d’Action Logement pour éviter les impayés de loyers.