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Immobilier parisien : quatre résidences secondaires sur dix sont la propriété de Franciliens

Un portrait des propriétaires de résidences secondaires à Paris a été dressé par l’Insee et l’Apur. La capitale en compte de plus en plus.

Paris possède de plus en plus de résidences secondaires. La tendance est à la hausse depuis 2012 et le développement de la location de meublés touristiques. Pour la première fois, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) ont utilisé les fichiers démographiques pour les logements et les individus (Fideli) pour établir le portrait des propriétaires de résidences secondaires. Sans surprise, ils sont en majorité âgés de 60 ans ou plus et disposent de revenus élevés (ils sont 40% à disposer de plus de 6 700 euros par mois). Plus de 40% d’entre eux (42,5%) habitent en Ile-de-France, voire dans Paris, 38% habitent ailleurs dans l’Hexagone et 19,5% à l’étranger, relève le communiqué. « L’augmentation des résidences secondaires réduit l’efficacité des politiques publiques en matière de construction de nouveaux logements, en diminuant le nombre de logements disponibles pour des ménages voulant y résider toute l’année », relèvent l’Apur et l’Insee.

Dans l’étude, les résidences secondaires sont des locaux meublés affectés à l’habitation, non occupés en permanence et soumis à taxe d’habitation (définition de l’administration fiscale). Sur 126 000 résidences secondaires à Paris en 2017, 80 500 sont exclusivement occupées par leurs propriétaires, qui déclarent donc en faire un usage privatif uniquement. 45 500 sont donc habitées par un autre ménage (louées ou prêtées à des personnes qui paient la taxe d’habitation). Nice est la seule, parmi les communes de plus de 200 000 habitants, à compter proportionnellement plus de résidences secondaires que Paris, soit 11%, contre 9% pour la capitale. Bordeaux et Montpellier comptent respectivement 3,5% et 3,2% de résidences secondaires.

Les 15e et 16e arrondissements en tête

Les arrondissements du centre de la capitale, soit du 1er au 8e, comptent une forte proportion de logements considérés comme des résidences secondaires, avec entre 14 et 20% d’entre eux. Cependant, les 15e et 16e arrondissements possèdent en volume le plus de logements de ce type, soit plus de 10 000 chacun, suivis des 6e, 7e, 11e, 17e et 18e arrondissements. Par ailleurs, l’habitat social étant plus développé dans les 19e et 20e arrondissements, ils ont ainsi un faible pourcentage de résidences secondaires (3% et 4%). La valeur immobilière y est aussi plus basse, ainsi que la progression des prix, moins rapide.

Autre fait observé par l’Insee et l’Apur, 163 000 ménages parisiens possèdent une résidence secondaire (14% des ménages) qu’ils utilisent pour leur seul usage privé, et dans 14% des cas, cette résidence secondaire est en Ile-de-France. Ensuite, les régions où les Parisiens ont le plus de deuxième logement sont la Normandie, la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur.