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Immobilier : la maire de Paris envisage d’augmenter plusieurs taxes pour boucler le budget

Le niveau des frais de notaire et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pourraient augmenter l’an prochain dans la capitale, en plus de la taxe de séjour sur les locations Airbnb.

Entretien et seance de portrait avec la Maire de Paris, Anne Hidalgo dans son bureau a l’Hotel de Ville. Interview with the Mayor of Paris, Anne Hidalgo. Paris, France – 24/06/2019 //ZIHNIOGLUKAMIL_ZIHNIOGLU0467/1906261437/Credit:ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA/1906261440

La maire de Paris le réclamait : la taxe de séjour pour les nuitées dans les logements loués par des plateformes comme Airbnb devrait augmenter. L’Assemblée nationale a adopté jeudi 12 novembre un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour relever de 2,30 euros à 4,10 euros le montant maximal de cette taxe. Le Parlement doit encore valider définitivement cette hausse. Mais ce n’est pas la seule taxe adossée à l’immobilier qui pourrait augmenter en 2021 dans la capitale. Anne Hidalgo envisage aussi, selon Le Monde, de relever le niveau des frais de notaires et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, dès 2021. L’objectif de la maire de Paris est de boucler le budget de la commune : la dette s’est envolée et l’édile ne souhaite pas toucher au portefeuille des Parisiens, selon le quotidien, puisque ces taxes ne sont acquittées que par les propriétaires de résidences secondaires, les touristes ou encore les acquéreurs de logements.

La maire de Paris voudrait relever de 7% les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) prélevés lors des transactions immobilières. Les frais de notaire passeraient de 4,5% à 4,8% du montant du bien. Concernant la taxe d’habitation des résidences secondaires, elle atteindrait le double de celle des résidences principales. La surtaxe est actuellement plafonnée à 60%, Anne Hidalgo souhaite donc la porter à 100%. Ainsi, l’édile a écrit plusieurs courriers au Premier ministre, Jean Castex, ainsi qu’aux présidents de groupes parlementaires pour que les plafonds actuels de ces taxes soient remontés dans le cadre du PLF en discussion au Parlement. La maire socialiste précise dans ces lettres que ces mesures ne profiteraient pas qu’à Paris. « L’ensemble de ces mesures permettrait aux collectivités locales qui estiment en avoir besoin de dégager des marges financières nécessaires à la poursuite de leurs actions dans un contexte de crise, sans peser sur les finances de l’Etat », rapporte Le Monde. « Les marges de manœuvre sont extrêmement réduites », explique-t-elle encore.

Un milliard d’euros de dette en plus fin 2021

La dette de la Ville de Paris devrait passer de 6,1 milliards à 7,1 milliards d’euros l’an prochain. Le budget 2021 de la Ville prévoit une baisse de 1,4% des recettes alors que les dépenses de fonctionnement augmenteront de 2,1%. Les investissements seront réduits de 8% et la ville devra emprunter davantage pour boucler l’exercice. « Malgré les annonces faites par le gouvernement, les collectivités locales comme Paris sont abandonnées par l’Etat, qui ne cesse de se désengager », précise au Monde l’adjoint aux finances de Paris, Paul Simondon. « Nous avons besoin de son soutien. Le plan de relance ne relancera rien du tout si l’Etat n’aide pas les collectivités à investir. »