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Immobilier neuf : les prix marquent le pas au troisième trimestre 2020

La hausse de la pénurie d’offre de logements neufs et la baisse du fléchissement de la demande des ménages s’équilibrent. Le prix moyen du logement neuf en France n’augmente pas, selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

La crise s’aggrave pour le secteur du logement neuf. Au troisième trimestre 2020, l’offre continue de baisser et la demande ne repart pas. Les mises en vente continuent de diminuer, de 37,5 % par rapport au troisième trimestre 2019, selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) qui a présenté les derniers chiffres de son Observatoire statistique national jeudi 19 novembre. Moins de 20 000 logements ont été réservés par les particuliers au troisième trimestre, soit une baisse de 28,5% par rapport au troisième trimestre de 2019. « On revient cinq ans en arrière », a commenté la FPI. Sur neuf mois en 2020, les réservations de logements baissent au total de 29,5% par rapport à 2019, soit 34 000 logements de moins. Ainsi, « les prix semblent marquer le pas », selon la FPI, car la hausse de la pénurie d’offre de logements et la baisse du fléchissement de la demande des ménages s’équilibrent. Ce coup d’arrêt dans la hausse des prix du neuf (seulement +0,3% sur la France entière par rapport à 2019) est à confirmer dans les prochains mois.

Les ventes au détail en 2020 sont les plus faibles depuis 2015 et les promoteurs immobiliers estiment avoir perdu un tiers du marché sur neuf mois. De plus, certains professionnels auraient vu leurs honoraires baisser d’un tiers. Du côté des mises en vente sur les neuf premiers mois de cette année, elles sont « les plus basses depuis près de 20 ans » (-40,6%). Sur les marchés de l’accession à la propriété et de l’investissement locatif, le manque d’offres affecte les acquéreurs qui sont aussi confrontés à des conditions d’octroi de crédits plus difficiles. « L’investissement locatif est descendu sous les 10 000 logements sur trois mois, l’accession s’en rapproche », analyse la FPI.  Par ailleurs, les ventes en bloc, notamment les projets de logements sociaux, baissent à nouveau de 30% au troisième trimestre, après avoir connu une augmentation ponctuelle au deuxième trimestre. Un manque de logements sociaux et intermédiaires qui va peser sur les ménages et les territoires.

Moins de 400 000 permis de construire

Pour expliquer la baisse de l’offre, il faut regarder celle du nombre de permis de construire, même si les mises en chantier ont connu un rebond au troisième trimestre 2020. Sur les trois mois de juillet à septembre, les mises en chantier sont en hausse de 6,3%, tandis que les permis de construire sont en baisse de 11,5%, par rapport à 2019. Le nombre de permis de construire est passé sous barre des 400 000 (393 300) entre octobre 2019 et septembre 2020. Le nombre de mises en chantier est de 386 500. La tendance à la baisse n’est pas liée qu’à la crise sanitaire, puisqu’il y a eu 100 000 permis de construire en moins entre mi-2017 et mi-2020. « La situation s’aggrave, faute de permis de construire, et le risque de pénurie est avéré », analyse la FPI. Ce sont les délivrances de permis de construire collectifs qui inquiètent le plus la Fédération : ils sont passés sous la barre symbolique des 200 000 (192 400), tandis que les mises en chantiers, elles, dépassent les 200 000 (202 400). « La situation est inédite », selon les experts de la FPI, « atypique et préoccupante ».

Quelques points positifs ont été soulevés lors de la présentation des chiffres du troisième trimestre. La FPI a réagi favorablement à l’adoption des amendements (dans le cadre du projet de loi des finances 2021) qui prolongent le prêt à taux zéro et le dispositif Pinel en 2022 et permettent de donner une visibilité sur 2023 et 2024. « Je salue cet effort », a commenté Marc Villand, président de la FPI Ile-de-France. Concernant le « pacte pour la relance de la construction durable », signé récemment par la fédération avec l’Etat, les associations d’élus locaux et les professionnels du bâtiment, il s’agit d’un « tournant » et d’une « véritable prise de conscience ». Une circulaire ministérielle doit être publiée pour détailler les modalités d’application locale.