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Immobilier : quelles solutions pour ne pas devoir revendre un bien en cas de difficultés financières ?

Plusieurs possibilités s’offrent aux détenteurs de crédits immobiliers qui rencontrent des difficultés financières, afin de leur éviter de devoir revendre leur bien immobilier.

Immobilier

Un tiers des détenteurs de crédit immobilier rencontrent des difficultés pour rembourser leurs mensualités, selon une étude récente d’Opinion Way pour Vousfinancer. Face à ce constat, trois solutions existent pour éviter de devoir revendre son bien immobilier, rappelle le courtier : le regroupement des crédits, le report ou la suspension des échéances et leur modulation.

Le rachat de crédit

Le regroupement ou rachat des crédits est sans doute le levier le plus connu, en cas de difficultés économiques. L’opération permet de regrouper l’intégralité des emprunts (prêt immobilier, conso, auto, découvert, revolving…) en une mensualité unique, plus faible, sur une durée plus longue. De quoi permettre une baisse du taux d’endettement.

Vousfinancer cite le cas d’un couple d’indépendants avec 3 280 euros de revenus par mois (contre 5 000 euros en 2019). Ils sont tous deux propriétaires et âgés de 38 ans. Avant le rachat de leurs crédits, leur situation financière est la suivante :  un crédit immobilier de 1 704 euros (capital restant dû = 183 700 euros) et 3 000 euros de découverts liés à des crédits à la consommation (520 euros de mensualités en tout ou CRD = 41 270 euros). Leurs mensualités totales s’élèvent ainsi à 2 224 euros par mois. Avant opération, leur taux d’endettement, au regard de leur baisse de revenus, atteint donc 68 %. Une fois l’opération de rachat de crédits effectuée, ils disposent d’un crédit total de 251 077 euros (dont 10 000 euros de trésorerie) à 2,10% sur vingt-deux ans. Leur nouvelle mensualité de paiement s’élève alors à 1 188 euros. Sur échéance, leur gain atteint 1 036 euros pour un nouveau taux d’endettement ne dépassant pas 36%.

Le report ou la suspension d’échéance

Le report d’échéance consiste à demander à la banque la suspension du remboursement de ses mensualités pendant un ou plusieurs mois. Dans certains établissements bancaires, cette possibilité est soumise à conditions. Celles-ci figurent dans les offres de prêt. Généralement, le report peut être demandé après 24 mois de remboursement, et ce, pour une durée de un à 12 mois maximum, en une ou plusieurs fois. La demande doit être faite directement auprès de sa banque en indiquant la durée souhaitée du report. Il faut habituellement un délai de une à deux mensualités pour qu’il soit mis en place. En revanche, l’assurance de prêt ne peut faire l’objet d’un report.

Si la démarche est gratuite, la suspension d’échéance a un coût dans la mesure où le report génère des intérêts supplémentaires et allonge la durée du prêt. Par exemple, pour un prêt de 200 000 euros souscrit il y a deux ans à 1,5% sur vingt ans, suspendre ses mensualités de 965 euros hors assurance pendant trois mois, rallonge la durée totale du prêt de quatre mois et engendre un surcoût de 885 euros.

La modulation d’échéance

Si le report des échéances de prêt n’est pas possible, trop coûteux ou que la baisse de revenus est susceptible de se prolonger, une alternative existe : la modulation d’échéance. Proposée par la plupart des banques, elle permet de réduire les mensualités de 10 à 30%, dans la limite d’un allongement de la durée du prêt de deux ans maximum.

Cette solution, envisageable au bout de 12 à 24 mois de remboursement, est moins coûteuse pour l’emprunteur que la suspension. En effet, une grande partie de la mensualité reste versée. De ce fait, les sommes reportées sont moindres. Ainsi, avec un prêt de 200 000 euros à 1,5% sur vingt ans souscrit il y a deux ans, faire baisser sa mensualité de 965 euros de 30% (= 675,5 euros/mois) pendant six mois rallonge la durée totale du prêt de trois mois et engendre un surcoût de 525 euros.