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Repli des prix, demande accrue de logements sociaux… comment le coronavirus impacte le marché de l’immobilier

Le coronavirus accélère les tendances profondes du marché immobilier, selon l’agence de notation financière Moddy’s. Elle estime qu’il complique l’accès au logement, malgré un repli des prix, transforme les préférences en matière de logements, etc.

Crédit: iStock.

L’impact du coronavirus sur le marché immobilier est indéniable et devrait perdurer. Un rapport publié lundi 23 novembre par l’agence de notation financière Moody’s pointe du doigt le rôle d’accélérateur du virus sur les grandes tendances déjà observées avant le début de la crise sanitaire et économique, au printemps dernier. L’agence mentionne, notamment, le repli des prix, qui ne simplifie pas pour autant l’accès au logement, en raison de la baisse de revenus de nombreux Européens. D’ailleurs, les demandes de logements sociaux explosent.

Selon le document, les pays les plus touristiques seront les plus concernés par cette évolution. En effet, la pandémie s’accompagne d’une restriction des déplacements et donc des diminutions des revenus liés au tourisme. En France, ce secteur représente 7,3% du produit intérieur brut (PIB) français, précise Moody’s. Du côté des particuliers, les baisses de revenus réduiront forcément l’accès au financement. De quoi exacerber les inégalités en termes de richesse. D’ailleurs, en France, le nombre de demandes de crédit immobilier refusées va croissant. Mais comme le rappelle le rapport, la dégradation de l’accès au logement était déjà bien engagée dans les capitales européennes. A Paris, où il est le plus compliqué, elle a débuté dès 2016. 

Les petites villes préférées aux grandes

Le ralentissement économique s’accompagne d’une hausse de la demande de logements sociaux, en raison notamment des pertes de revenus liées à la progression du chômage. Parallèlement se met en place une plus grande réglementation du marché locatif. La France, par exemple, a proposé aux communes d’expérimenter l’encadrement des loyers. Paris, Lyon ou encore Lille ont dit oui.

Mais un autre effet de la crise sanitaire se fait déjà ressentir : une réorientation des préférences de logement vers les villes de plus petites tailles et les banlieues, au détriment des centre-villes et zones urbaines. Des choix facilités par le recours croissant au télétravail. D’ailleurs, en Ile-de-France Moddy’s note déjà une diminution des achats de logement au deuxième trimestre de 2020. Dans la capitale, les ventes ont régressé de 7,93% si l’on compare la quantité de transactions réalisées à la densité de la population. Un mode de calcul qui permet de faire abstraction du premier confinement, entre le 17 mars et le 11 mai. Dans les Hauts-de-Seine, les ventes immobilières ont reculé de 6,27%. La diminution est moindre en Seine-Saint-Denis (4,68%) et dans le Val-de-Marne (4,03%).