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Bâtiment : vers une chute « historique » de l’activité

La Fédération française du bâtiment prévoit un rebond en 2021 mais pas assez conséquent pour « redresser la barre ».

permis de construire
Crédit: iStock.

La chute de l’activité dans le secteur du bâtiment est « historique » cette année, selon la Fédération française du bâtiment (FFB) : elle est, sur un an, de 15% en 2020. Le secteur n’a pu échapper aux conséquences de la pandémie de Covid-19. Cependant, la fédération note que le score est moins mauvais que celui prévu après le premier confinement, en mars-avril. Les deux tiers du recul enregistré cette année sont liés à l’arrêt de l’activité au printemps dernier. Les mesures de soutien ont permis de compenser une large part de la perte d’activité, « notamment l’élargissement de l’activité partielle, l’aide du Fonds de solidarité et le Prêt garanti par l’État (PGE) », précise dans le communiqué publié mardi 15 décembre le président de la FFB, Olivier Salleron. Par conséquent, l’emploi a été maintenu dans le secteur, avec 10.000 postes de moins, soit une baisse de 0,8% dans l’intérim uniquement. La construction neuve, elle, dégringole, avec une chute de 22% dans le logement et de près de 23% dans le non résidentiel.

Après l’arrêt des chantiers, la reprise a été lente, avec un ralentissement de la délivrance des permis de construire et de la commande publique. Les mises en chantier ont baissé de 8% côté logement en 2020 et les autorisations ont chuté de 15%. Des indicateurs qui tombent respectivement à 15% et 18% dans le non résidentiel. Le secteur de l’amélioration-entretien s’est un peu mieux tenu, avec une baisse de 9% hors effet prix.

Reprise pas suffisante en 2021

Du côté des prévisions, la FFB évoque une reprise en 2021, soit une hausse d’un peu plus de 11% en volume de l’activité globale. « Un simple rebond » pour la Fédération qui ne permet pas de « compenser l’effondrement de 2020 ». La prévision pour l’an prochain rapporté à l’activité de 2019 fait ressortir un recul de 5,6%, hors effet prix. Encore une fois, c’est l’immobilier neuf qui pèse, puisque les prévisions de hausse de la production (près de 15% de logements et 12% de non résidentiel sur un an) ne compenseraient pas les pertes, soit un repli au final d’environ 11% en logement et de 14% en non résidentiel, par rapport à 2019.

Ainsi, la crise du marché du bâtiment sera – elle aussi – « historique » l’an prochain, en raison d’une « absence de prise en compte du neuf » dans le plan du gouvernement « France relance », juge la FFB. La baisse des mises en chantier serait de 12,6% en logement et de 6% en non résidentiel ; les permis de construire baisseraient de 9% en logement et de 3% dans le non résidentiel, et ils continueraient à reculer en 2022. Une fois de plus, seul le segment de l’amélioration-entretien serait en hausse, de près de 10% en 2021. Le repli de l’emploi devrait s’accentuer l’an prochain, alors que le dispositif d’activité partielle sera terminé : la FFB prévoit 50.000 postes en moins, soit une chute de 4,1%.

Trois mesures

Pour éviter une chute trop brutale l’an prochain et son prolongement en 2022, la FFB propose « trois mesures d’effet rapide » : un crédit d’impôt de 40% sur les annuités d’emprunt pendant cinq ans, pour les primo-accédants ; une mise en place progressive de la Règlementation environnementale 2020 (RE2020), avec un complément de 10% au crédit d’impôt précédent, soit 50% ; enfin la majoration du dispositif Pinel pour les logements labellisés RE2020, avec un taux de réduction d’impôts relevé.