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Immobilier : 2021, année de concrétisation des rêves déçus de 2020 ?

Les aspirants propriétaires qui n’ont pu acheter de bien immobilier en 2020 en raison de la crise sanitaire et de ses conséquences pourraient bien concrétiser leur rêve cette année, selon Empruntis.

Immobilier

Le confinement du printemps 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, a marqué un coup d’arrêt aux projets immobiliers. Les demandes de dossiers réalisées sur le site Empruntis ont chuté brutalement en mars et en avril, avant de repartir ensuite en mai, juin et juillet, selon une étude publiée par le réseau de crédit immobilier. Ces demandes ont ensuite rebaissé en novembre et en décembre, ce qui correspond au deuxième confinement. En outre, le réseau estime que les rêves des aspirants propriétaires ont été freinés par les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), et par les prix de l’immobilier qui ont contraint les primo-accédants à apporter une somme d’argent plus conséquente. Le volume de financement est tout de même resté conséquent en 2020, « avec une baisse de 10% seulement des projets finançables par rapport à 2019 », relève le communiqué.  

Toutefois, les recommandations du HCSF sont plus souples depuis le 17 décembre 2020. Le taux d’effort a été relevé de deux points, de 33% à 35% ; les cas dérogatoires sont plus nombreux, car l’enveloppe a été relevée à 20% de la production de la banque, contre 15% auparavant ; la durée d’emprunt est adaptée aux projets dans le neuf, même si elle n’est pas rallongée au-delà de 25 ans. « En effet, la construction d’une maison ou l’achat sur plan nécessite des délais. En 2020, ceux qui ont voulu acheter dans le neuf ont dû réduire leur durée d’emprunt de 1 à 2 ans afin d’intégrer un différé d’amortissement. Deux ans de remboursement en plus c’est 7% de mensualités en moins ! », précise le communiqué d’Empruntis. Le réseau note en revanche que la durée de l’emprunt de doit pas excéder sept ans de revenus nets, une règle qui pénalisera les primo-accédants les moins aisés.

Taux de crédits encore à la baisse

Autre point favorable aux achats immobiliers en ce début d’année 2021 : les taux de crédit immobiliers sont encore à la baisse et ils devraient rester bas cette année. Empruntis avertit toutefois sur les écarts entre les profils d’emprunteurs. Ainsi, « une première banque régionale en ce début d’année conditionne ses meilleurs taux à l’apport, 10% en plus des frais ! Et ce n’est que le début », relève l’expert. La reconduction des conditions du prêt à taux zéro (PTZ) est aussi un atout pour les primo-accédants. En revanche, l’emploi risque d’être « un caillou dans la chaussure des aspirants à la propriété en 2021 », note Empruntis. La banque peut être sur ses gardes si un dossier est présenté par un emprunteur au chômage partiel. Le taux de chômage pourrait passer de 9 à 11% cette année, estime le réseau.

« 2021 s’annonce ainsi une année charnière : la demande résistera-t-elle à la crise ? L’offre de biens déjà limitée se contractera-t-elle encore en raison de l’attentisme des secundo-accédants et de la pénurie de biens dans le neuf ? Les banques poursuivront-elles leurs objectifs au-delà du 1er semestre ? Sur fond de taux historiquement bas, l’apport sonnera-t-il le glas de la primo-accession des ménages les moins aisés ? Autant d’incertitude alors même que l’envie d’acheter reste très forte chez les ménages français. Une chose est sûre, les taux ont fini d’absorber la hausse des prix et donc l’impact sur l’apport nécessaire au projet ! », analyse Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études pour Empruntis.

Profil des aspirants propriétaires en 2020

Quel était le profil des aspirants propriétaires en 2020 ? Empruntis en a fait le portrait. Tout d’abord, ils rêvaient en majorité d’acquérir une maison : 65% d’entre eux, selon l’étude. C’est une maison dans l’immobilier ancien qui arrivait en tête des souhaits (52%), suivie d’un appartement dans l’ancien (27%) et d’un appartement dans le neuf (7%). Cependant, moins de six sur dix ont acheté une maison et trois sur dix ont réussi à changer de département, en injectant beaucoup d’apport à leur projet, car seulement 8% ont emprunté sans apport alors que 30% d’entre eux le souhaitaient. Les primo-accédants de 2020 ont moins profité du prêt à taux zéro (PTZ) puisque ceux qui ont pu acheter leur bien avaient des revenus nettement supérieurs et un apport conséquent. Par rapport à 2019, ils avaient des revenus supérieurs de 6% et un apport en hausse de 4,6%, note Empruntis. Sur une durée quasi-équivalente, ils ont pu emprunter presque 5% de plus.

Dans un cas sur cinq (21%), pour concrétiser leur projet immobilier, ils étaient prêts à changer de département pour leur premier achat. Parmi les départements dont les aspirants propriétaires souhaitaient le plus partir, sept étaient situés en Ile-de-France (Paris, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise, Yvelines et Essonne), sur 14 en tout. La Seine-et-Marne faisait figure d’exception. En revanche, les Français qui souhaitaient acheter en 2020 voulaient pouvoir rester dans les Vosges, la Somme, le Finistère, les Côtes-d’Armor ou encore la Corrèze. « Les citadins des grandes métropoles n’ont pas tant rêvé de déserter à l’exception de Paris dont 61% des résidents ont espéré quitter la capitale (et jusqu’à 69% à la fin du confinement). Mais c’est à analyser aussi au regard des prix de l’immobilier et de l’offre disponible », précise Cécile Roquelaure. En effet, les Lillois et les Lyonnais n’ont pas autant voulu quitter leur département l’an dernier.