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Copropriété : l’ARC pointe les « abus » des syndics

L’association des responsables de copropriété (ARC) pointe du doigts les « abus » des syndics dans un communiqué publié le 7 janvier. Leur système de vote est notamment critiqué.

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Crédit: iStock.

Les assemblées générales (AG) de copropriété auraient été organisées au profit de nombreux syndics professionnels en 2020. C’est en tout cas ce qu’affirme l’association des responsables de copropriété (ARC), qui dénonce même un « hold-up », dans un communiqué daté du 7 janvier 2021. Les syndics auraient profité des mesures sanitaires restrictives décidées en raison de la pandémie de Covid-19. Selon l’association, les syndics professionnels ont opté en quasi-totalité pour la tenue des AG « exclusivement par vote par correspondance ». Il était pourtant possible de le faire par audioconférence ou visioconférence, le vote par correspondance étant une solution par défaut. L’ordonnance du 20 mai 2020 instaurant les mesures provisoires stipulait que les AG devaient se tenir par visioconférence ou audioconférence. Ce mode de vote a neutralisé « toute démocratie participative des copropriétaires pourtant primordiale au fonctionnement optimisé de leur résidence », précise l’ARC, qui estime même que « les conséquences ont été dramatiques ».

En effet, l’association déplore que le taux de participation n’ait pas dépassé les 30% dans beaucoup de copropriétés. En conséquence, certaines résolutions essentielles, « comme l’élection du syndic, du conseil syndical voire l’adoption de travaux collectifs » n’ont pu aboutir à une majorité suffisante pour être adoptées, en première lecture ou en seconde lecture. Ce qui est plus grave, selon l’ARC, c’est l’élaboration de l’ordre du jour par les seuls syndics, sans associer le conseil syndical. Ainsi, certains auraient introduit « des résolutions abusives qui ne pourront pas être amendées du fait de l’absence de tenue d’assemblée générale en présentiel ou même de manière électronique », précise encore le communiqué. Certains syndics auraient demandé plus de 50% d’augmentation de leurs honoraires de gestion courante, selon l’association, tandis que d’autres auraient passé en force un mandat de trois ans ou imposé leurs filiales pour la souscription de contrats comme l’assurance multirisques immeuble. D’autres abus sont dénoncés par l’ARC, comme des frais imputés en plus par les syndics professionnels. L’association affirme que le « dossier ne fait que commencer ».

50% de participation pour la FNAIM

La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) estime de son côté que le taux de participation aux AG a été plutôt proche de 50% en 2020 que des 30% évoqués par l’ARC. Concernant le vote par correspondance, le président de la FNAIM Jean-Marc Torrollion explique dans Les Échos que cette solution a été pragmatique et décidée avec le conseil syndical, même s’il reconnaît des imperfections. Pour lui, la vidéoconférence ou audioconférence posent plusieurs problèmes. Elles ne conviennent notamment pas aux grandes copropriétés, dès qu’on dépasse les 30 personnes.