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Immobilier : le parc des logements parisiens inadapté aux familles

Conséquence de leur rareté, le prix au mètre carré des grands appartements parisiens est plus élevé que celui d’un studio ou d’un deux-pièces. Un phénomène visible uniquement pour l’achat et non la location.

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Les confinements successifs ont rendu la vie urbaine moins attractive tandis que la généralisation du télétravail a poussé de nombreux Parisiens à envisager une vie hors de la capitale. Cet exode rural pourrait également être lié à l’offre de logements parisienne, inadaptée aux familles. En effet, selon des données de l’Insee relevées par Le Parisien, le parc de logements de la capitale est majoritairement constitué de petites surfaces. 

Dans le détail, à Paris, plus de la moitié des appartements (54,52%) sont des studios ou des deux-pièces. Les logements de quatre pièces ou plus représentent seulement 21,93% de l’offre immobilière. Parmi eux, les cinq-pièces représentent 6% du parc, et les six-pièces et plus, 3%, seulement.

Exception parisienne 

Le phénomène immobilier semble épargner la banlieue, souvent privilégiée par les ménages en quête d’espace. Ainsi, en Essonne, dans les Hauts-de-Seine, le Val-d’Oise, la Seine-Saint-Denis, les Yvelines, la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne, plus de 50% des logements disposent de quatre pièces ou plus, et moins de 25% des appartements ont une surface inférieure à deux pièces, selon les données du Parisien. 

Plus étonnant encore, cette offre réduite de grands logements ne concerne pas les autres métropoles françaises. En effet, parmi les 10 plus grandes agglomérations françaises, la part des petites surfaces va de 29% à Marseille (Bouches-du-Rhône) jusqu’à 44% à Lille (Nord) du parc de logements, note Le Parisien. Sur l’ensemble de la France, la part des studios et deux-pièces représentent moins de 19% des résidences principales. A Paris, « les surfaces y ont sans cesse été compressées. Il y a eu des découpes successives par le passé des appartements pour être remis en location et en faire réduire les prix », explique Loeiz Bourdic, le directeur en France de PriceHubble, spécialisée dans la data immobilière, au Parisien.

Des prix exponentiels 

Ce phénomène de rareté joue sur les prix d’achat. Tandis que le prix au mètre carré a tendance à diminuer avec la surface, à Paris, un cinq-pièces coûte plus cher au mètre carré qu’un studio. Un effet visiblement uniquement sur l’achat, et non la location, précise Le Parisien.

Cette rareté s’explique aussi par la typologie de propriétaires de ces grands appartements parisiens, souvent installés depuis longtemps et sans projet de déménagement. D’après Le Parisien, plus de la moitié des habitants de grands logements de la capitale ont plus de 55 ans. 60% y habitent depuis plus de 10 ans et 23% depuis plus de trente ans.