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Immobilier : vers une décélération des prix cette année en Europe selon Standard & Poor’s

Les prix de l’immobilier en Europe, notamment en France, vont continuer d’augmenter en 2021, mais plus modérément, selon une étude Standard & Poor’s.

Immobilier
Crédit : iStock.

C’est une hausse moins importante, mais une hausse quand même. Les prix de l’immobilier en Europe vont encore augmenter en 2021. En France, les prévisions de Standard & Poor’s, publiées le 22 février, parlent d’une hausse de 1,5% cette année, contre 4% en 2020. Ensuite, S&P estime que les prix augmenteront dans l’Hexagone de 2%, en 2022 et 2023. Ils seront en hausse partout ou presque cette année, particulièrement en Allemagne, de 5,3%, et aux Pays-Bas, de 5,2%. Le Portugal va aussi connaître une nette augmentation de ses prix immobiliers en 2022 et 2023 : de 4,7%, puis de 4,2%, après 2,6% en 2021. A contrario, l’Italie et le Royaume-Uni devraient connaître des baisses des prix des logements cette année, respectivement de 0,5% et de 2,3% selon l’étude, avant de rebondir en 2022 et 2023, respectivement à 0,5 et 1%, puis à 0,5% et 3,3%.

Cette hausse continue des prix de l’immobilier européen est due à l’efficacité des mesures politiques prises sur le continent pour combattre la pandémie de Covid-19, « les plus efficaces » pour soutenir le marché immobilier, selon S&P. En protégeant le travail et le revenu des salariés, en mettant en place le chômage partiel, les incertitudes ont été atténuées, les pertes de salaire évitées, alors qu’en période de crise économique, ces baisses de revenus réduisent la demande de logements. Autre facteur qui a maintenu le marché : l’épargne forcée des ménages, notamment des plus aisés, en raison de la fermeture des commerces et des loisirs, ce qui a boosté les envies d’acheter des logements.

Effort des ménages

Certains pays européens ont mis en place des mesures spécifiques pour le marché de l’immobilier, notamment le Royaume-Uni et la Suède. Les banques centrales ont adopté des politiques monétaires plus souples et rendu l’investissement dans l’immobilier plus facile. L’effort est aussi venu des ménages qui ont prouvé leur capacité à rembourser leurs prêts, réduisant la probabilité de ventes forcées, ce qui aurait déclenché une baisse des prix, note encore l’étude de S&P. Autre constat, les intentions d’achat de logements seraient à leur plus haut niveau depuis 2003 dans la zone euro. Elles atteignent même un record en France.

Les effets des mesures prises en 2020 en raison de la pandémie mondiale auront moins d’impact en 2021, ce qui aura donc pour résultat une hausse moins importante des prix, selon S&P. L’étude prévoit un retour au plein emploi en 2023, car les économies ne vont retrouver leur niveau d’avant-crise qu’à la mi-2022. Les revenus vont à nouveau augmenter, mais doucement. De plus, les banques ont commencé à resserrer les normes pour contenir les risques de crédit. Les coûts de financement ne devraient pas diminuer encore plus, puisque les taux de la banque centrale européenne sont déjà proches des 0%, voire en dessous. S&P est plus optimiste pour les années 2022 et 2023, avec moins de restrictions sanitaires et un redressement économique favorable au marché immobilier.