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Crédit immobilier : les mères célibataires peuvent aussi emprunter

Les dossiers des mères célibataires sont étudiés comme tous les autres, rappelle un courtier.

Crédit : iStock.

En France, 85% des familles monoparentales sont composées de mères seules. Un constat qui a poussé Pretto à évoquer le sujet des achats immobiliers par les mères célibataires, au lendemain du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Leurs dossiers « ne sont pas plus complexes à traiter par les banques. Ils sont étudiés comme tous les autres : la capacité d’emprunt est évaluée en fonction des revenus et des charges », selon le président du courtier en ligne, Pierre Chapon. Toutes les pièces habituelles seront examinées par le conseiller : soit l’avis d’imposition, les bulletins de salaire, les relevés de compte, ainsi que les documents qui précisent les conditions de la séparation, comme le jugement du divorce. La banque examinera les découverts, les autres crédits éventuels comme pour tout autre dossier. « De même, les établissements bancaires préféreront un profil en CDI », précise Pretto.

La question de la garde d’enfant est importante : en effet, les banques « seront également plus enclines à financer un achat de résidence principale, qu’un investissement locatif », précise Pierre Chapon. « Il faut aussi bien garder en tête que l’apport est important », ajoute le président de Pretto. Les établissements vérifient aussi le reste à vivre du foyer, en plus de l’évaluation du taux d’endettement, qui est désormais fixé à 35%. Le nombre d’enfants est pris en compte et les banques évaluent la part d’un enfant dans le budget du foyer à 300 euros par mois en Ile-de-France et à 200 euros en région. Le reste à vivre devra donc être supérieur selon le nombre d’enfants.

Rachat de soulte

Autre point à prendre en compte, la pension alimentaire, qui peut être considérée par l’établissement de crédit. Elle sera intégrée seulement si elle est versée sur le long terme, en lien avec la durée du crédit immobilier, précise encore Pretto. Le calcul ne sera, par exemple, pas pris en compte si les enfants ont plus de 13 ans, car son versement s’arrêtera à la majorité des enfants, ce qui ne couvre pas la durée du prêt. Par exemple, une mère de deux enfants de sept et neuf ans vient de divorcer et envisage de racheter la résidence principale (rachat de soulte, somme d’argent compensant l’inégalité en cas de partage). Elle gagne 40.000 euros bruts par an, sa pension alimentaire est de 560 euros par mois et elle touche 130 euros d’allocations familiales par mois. Sa résidence principale a été achetée par le couple il y a dix ans, au prix de 260.000 euros, et elle est évaluée à 300.000 euros aujourd’hui.

Chaque membre du couple détient 150.000 euros de capital, soit 50% de la valeur du bien, et le capital restant dû (CRD) est de 180.000 euros, son ex-époux devant 90.000 euros. La soulte s’élèvera à 150.000 euros – 90.000 euros, soit 60.000 euros. Elle devra emprunter la soulte, plus les frais de notaire, plus le CRD, soit 235.000 euros en tout. Les mensualités de l’emprunt immobilier seront de 1.078 euros pour un taux de 1,5% sur 25 ans, pour un taux d’endettement de 35%, assurance comprise, précise Pretto. Les intérêts coûteront 48.171 euros. Cette solution est souvent optimale pour les mères célibataires, selon le courtier, car « l’estimation de la valeur du bien est souvent assez favorable comparée à un bien du marché, et les économies sont importantes sur les frais de transaction (agence, notaire), mais aussi sur le déménagement », commente Pierre Chapon.

Les mères séparées qui souhaitent emprunter peuvent aussi recourir à des aides à l’achat immobilier, via différents dispositifs : le prêt accession sociale (PAS), soumis à des conditions de revenus ; le prêt à taux zéro (PTZ), qui peut être lissé avec d’autres crédits comme le PAS, destiné uniquement aux primo-accédants pour leur résidence principale ; le prêt Action Logement, si le parent fait partie d’une entreprise privée de plus de dix salariés.