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Rénovation énergétique : Emmanuel Macron encouragé à rendre la mesure obligatoire

Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, une soixantaine d’acteurs plaident pour que la rénovation énergétique devienne une obligation « lorsqu’elle est intéressante pour les ménages ».

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Crédit: iStock.

Proposition phare de la Convention citoyenne pour le climat, l’obligation de rénovation énergétique pour tous les propriétaires n’a finalement pas trouvé l’écho espéré à l’Assemblée nationale. Pour l’heure, un amendement adopté en commission spéciale se contente en effet d’imposer la rénovation performante à deux classes énergétiques de logements. Face à ce que certains qualifient de « bond en arrière », une soixantaine d’industriels, collectivités, bureaux d’études et associations ont pris la plume, jeudi 8 avril pour demander à Emmanuel Macron de rendre la mesure obligatoire « lorsqu’elle est intéressante pour les ménages »

« L’incitation actuelle à des gestes de travaux dispersés et non coordonnés gaspille les fonds publics et ne permettra pas d’atteindre les objectifs nationaux 2030-2050. Tout le monde s’accorde sur le fait que sans obligation de rénovation, la transition climatique est vouée à l’échec », peut-on lire dans cette lettre ouverte, signée notamment par la CFDT, l’Association des maires de France (AMF), le Crédit Mutuel et le Réseau Action Climat. Tous ont ainsi « travaillé ensemble pour porter un mécanisme innovant : ‘l’obligation conditionnelle de rénovation performante’ ».

Un accompagnement à la rénovation énergétique

Ce mécanisme s’appuie sur trois principes, à commencer par sa conditionnalité. « Un ménage, y compris très modeste, ne se verrait contraint à la rénovation énergétique que s’il dispose d’offres techniques et d’une proposition financière permettant de préserver ou améliorer son pouvoir d’achat, tout en maîtrisant sa trésorerie », précise la lettre. Le deuxième principe cible la performance. L’alliance demande ainsi à ce que soit inscrite dans la loi Climat-Énergie « une définition adéquate de la rénovation performante », à savoir que les bâtiments rénovés atteignent « le niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC) ou équivalent (classe A ou B) »

Les signataires proposent enfin « que les acquéreurs de maisons de classes F et G (une centaine de milliers par an) soient systématiquement accompagnés pour choisir les offres techniques et financières les plus pertinentes ». Pour cela, ils suggèrent d’instaurer « la même démarche dans les copropriétés, quelle que soit leur classe énergétique, lors de ‘faits générateurs’ comme le ravalement de façade ».