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Aide financière, logiciel… Comment le gouvernement veut lutter contre les logements vacants

Une expérimentation vient d’être lancée pour tenter de remettre sur le marché des biens inoccupés.

Logements vacants
Crédit: iStock.

Le temps est à l’action. A la suite d’un appel à candidature, 68 collectivités locales ont été retenues par un jury. Avec l’aide d’un nouvel outil numérique nommé « zéro logement vacant », elles se mettront en quête de logements vacants pour inciter leurs propriétaires à les remettre sur le marché immobilier, indique le site PAP. Si besoin, elles profiteront également de crédits d’ingénierie de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). L’objectif visé par cette expérimentation est l’accélération de la lutte contre la vacance de logements. Au niveau national, 1,1 million de biens seraient inoccupés, soit 3,5% du parc privé, alors que la France manque cruellement de toits.

Parmi les collectivités pilotes, 17 utiliseront le logiciel « zéro logement vacant ». L’application les aidera à identifier les logements vacants ainsi que leurs propriétaires, grâce au fichier spécialisé dit Lovac. Cette solution permet également d’effectuer un suivi des actions menées (courriers, entretiens), afin de les inciter à remettre sur le marché leurs logements. Utilisatrices de cet outil, ces collectivités locales seront aussi associées à sa co-construction. Plus étonnant, des experts en sciences comportementales participeront à l’élaboration de ce nouvel outil. « Il faut savoir parler au propriétaire en identifiant ses craintes, ses réticences, pour les encourager à répondre aux communes », explique à PAP Mariam Chammat, experte. Un modèle de lettre-type, élaboré avec les collectivités lauréates, pourrait être intégré à l’outil qui sera accessible à 27 autres collectivités en décembre 2021, soit 57 collectivités utilisatrices au total. Au deuxième semestre 2022, son déploiement devrait être généralisé.

« L’expérience terrain »

Autre levier pour lutter contre les logements vacants : l’accord d’un crédit d’ingénierie à 44 collectivités locales. Géré par l’Anah, il permettra de financer des études pour mieux connaître la vacance. Il servira aussi à renforcer les moyens financiers accordés pour la remise sur le marché des logements vides. L’Anah finance, en effet, des travaux engagés par les propriétaires de bien immobiliers, qu’ils soient occupants ou bailleurs, mais aussi ceux réalisés par les collectivités locales sur le patrimoine en situation de péril ou d’insalubrité. Une fois rénovés, ces biens pourront à nouveau être occupés.

Si 68 collectivités participent à l’expérimentation, l’appel d’offres a enregistré 229 candidatures. Les territoires qui n’ont pas été retenus intégreront un club qui leur permettra d’avoir un accès prioritaire au fichier Lovac. Une manière de les épauler dans la remise sur le marché de leurs logements vacants. Ce club favorisera également les échanges. Il « permettra d’inventer cette politique en partant de l’expérience terrain », commente Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement.