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Logement social : en Ile-de-France, les familles très modestes ont de plus en plus de mal à se loger

La réduction du nombre de logements sociaux à bas prix pousse les familles les plus modestes à accepter de vivre dans des logements privés non adaptés à leur situation, voire insalubres.

Logement social
Crédit: iStock

L’abondance n’est qu’apparence. En matière de logement social, l’Ile-de-France est carencée. Ce constat vaut tout particulièrement pour les logements dont les loyers sont les plus bas, selon le rapport de l’observatoire de la mixité sociale, publié mercredi 16 juin. L’étude souligne que seuls 43% des logements du parc HLM (soit 512 000 biens) proposent des loyers dont le montant au mètre carré mensuel est inférieur à 6,22 euros. Pourtant, le rapport chiffre à 760 000, le nombre de ménages pauvres en Ile-de-France.

Au fil du temps, « la construction de logements sociaux à très bas loyer diminue en Île-de-France au fil du temps. La conséquence est évidente : le parc social francilien devient de moins en moins accessible aux familles modestes », est-il précisé.

Des logements concentrés dans certains secteurs

Ce décalage n’est pas l’unique problème pointé par l’observatoire, qui dénonce la concentration des logements sociaux dans certains secteurs. Par ailleurs, il estime que la localisation du parc social ne coïncide pas avec celle des populations disposant des plus faibles revenus. D’un côté, certaines communes logent peu de population à faible revenu, quand d’autres en logent beaucoup. Concrètement, les logements sociaux les moins chers ont été construits entre 1950 et 1977, dans des immeubles aujourd’hui pas toujours rénovés, et concentrés, notamment dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Certaines communes, comme Bobigny et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Evry (Essonne), Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), accueillent, dans leur parc social, plus de 40% de ménages pauvres, alors que le taux régional de pauvreté est de 7,8%. Dans d’autres, notamment, Paris, La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), Neuilly-sur-Seine ou bien encore Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), il est impossible de trouver un logement social dont le loyer est inférieur à 7,50 euros le mètre carré mensuel.

Des logements insalubres

Faute de place ou en raison d’un problème de localisation, de nombreux ménages pauvres vivent dans des logements privés. Des biens décrits par l’observatoire comme étant souvent insalubres, indignes. Dans son rapport publié mercredi, la Cour des comptes a, notamment, proposé de réformer la politique du logement, afin qu’elle profite davantage aux ménages les plus défavorisés selon eux.