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Logement : le nouveau DPE impacte déjà les ventes

Près de 800.000 logements pourraient voir leur classement dégringoler avec des conséquences en terme de vente avec l’entrée en vigueur du nouveau DPE.

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Le nouveau DPE risque de rebattre les cartes. Crédit : Ministère de la Transition écologique

Des transactions remises en cause, des prix renégociés à la baisse. Deux mois après son entrée en vigueur, le nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE) a déjà des effets sur les ventes de biens immobiliers. Pour certains propriétaires, c’est la douche froide, décrit BFMTV. Quelque 800.000 logements risquent de voir leur classement dégradé, au risque d’être désormais considérés comme des passoires thermiques. Il s’agit généralement de biens chauffés au gaz ou au fioul. Le sort des biens recourant à l’électricité devrait être meilleur.

Si le gouvernement avait annoncé de possibles mouvements dans le classement, les professionnels indiquent que, pour le moment, ceux-ci se font uniquement dans un sens. « Lorsqu’il y a des changements, ce sont surtout des étiquettes qui se dégradent d’un cran », explique au quotidien Nathalie Naccache, de l’agence Fortis Immo Keller Williams à Paris. Dans la pratique, « à la montagne, plusieurs transactions ont été remises en cause, ou se sont soldées par une baisse de prix. Il s’agissait d’appartements destinés à être loués », détaille Stéphane Prouzeau, vice-président de la fédération interprofessionnelle du diagnostic (Fidi).

Des travaux parfois insuffisants

Pour mémoire, dès mi-2022, les propriétaires de logements classés F et G ne pourront plus augmenter les loyers lors d’un renouvellement de bail. Et dès 2025, ils ne pourront plus louer les biens notés G, qui feront alors figure de biens indécents. Ce sera au tour des logements classés F en 2028 et de ceux notés E en 2034. « Ce sont des paramètres dont il faut absolument tenir compte. Nous avertissons les clients », précise au quotidien Thierry Delesalle, porte-parole de la chambre des notaires de Paris.

Avant le 1er juillet, l’appréciation du poids des émissions de gaz à effet de serre générés par les logements était basée sur la consommation du logement, identifiée par les factures de gaz ou d’électricité. Les DPE se fondent désormais sur la qualité du bâti, son isolation et sur son mode de chauffage. Si pour rénover leurs biens les propriétaires peuvent compter sur des aides financières publiques, au travers de MaPrimeRénov, ces travaux pourraient s’avérer insuffisants. « Un client vient de remplacer toutes ses fenêtres par du triple vitrage. Son logement est toujours classé G », illustre Nathalie Naccache.