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Crédit immobilier : profitez des taux bas avant qu’il en soit trop tard !

En ce mois de septembre, les emprunteurs bénéficient de conditions de crédit historiquement favorables. A saisir.

Crédit: iStock.

Météo au beau fixe pour les taux immobiliers. Dans son dernier tableau de bord, relatif au mois d’août 2021, l’Observatoire Crédit Logement/CSA fait état d’un taux moyen de 1,05 % pour les prêts immobiliers, soit le plus bas niveau jamais constaté jusqu’ici pour cet indicateur, en recul de 10 points de base depuis le début de l’année. « En dépit de la reprise de l’inflation et de la montée des risques de défaut d’une partie des emprunteurs, les banques maintiennent les conditions de crédit octroyées depuis avril dernier à des niveaux exceptionnellement favorables, afin de soutenir la demande de crédits des particuliers », commente l’Observatoire.

Le recul le plus marqué est constaté sur les prêts à vingt-cinq ans. Sur cette durée, le taux moyen s’élève à 1,17 %, contre 1,47% il y a un an. Fait inédit, les conditions moyennes sur les durées plus courtes se situent en-dessous de la barre symbolique de 1% : 0,99 % pour les prêts sur vingt ans et 0,87 % pour les emprunts sur quinze ans. En août 2020, ces taux atteignaient 1,20 % et 1,05 % respectivement.


Records en vue sur la production de crédit


Du côté des courtiers, le sourire est clairement de mise, alors que cette période de taux bas devrait encore favoriser la production de crédit, qui a déjà atteint un niveau record au premier semestre 2021, avec 110,7 milliards d’euros. Cafpi mentionne pour le mois d’août une baisse des taux moyens pour ses clients, sur toutes les durées notamment les plus longues, avec 0,48 % sur dix ans, 0,66 % sur quinze ans, 0,83 % sur vingt ans et 1,04 % sur vingt-cinq ans. Chez Artémis Courtage, on explique que certaines banques proposent du 0,60% sur 15 ans, avant négociation. « Les délais des banques semblent redevenir petit à petit à la normale pour ce début de mois« , précise Ludovic Huzieux, cofondateur de la société de courtage.

Constat partagé par Pretto, qui confirme que de nombreuses banques privilégient une baisse de leurs taux en cette rentrée, alors qu’elles « bénéficient encore d’une importante marge de manœuvre pour financer des projets immobiliers ».


La chasse aux meilleurs profils


« Pour cette rentrée, les banques ont fait le choix de conserver leurs barèmes à des taux très attractifs, afin de relancer la machine en cette sortie de trêve estivale », analyse Philippe Taboret, son directeur général adjoint.  Pour ce professionnel, la baisse des taux est à mettre en perspective avec une sélection accrue des meilleurs profils par les établissements de crédit. Et pour cause : sous la menace de sanctions en cas de non-respect des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), les banques sont devenues plus sélective dans l’octroi des crédits.

Vousfinancer évoque pour sa part quelques baisses de taux en cette rentrée, parfois significatives dans le cas des banques qui n’avaient pas fait évoluer leurs barèmes. Ce courtier précise que, pour les autres établissements, les baisses de taux constatées ont uniquement concerné les meilleurs profils d’emprunteurs.


Des disparités régionales encore marquées



Une analyse plus fine des grilles de taux des banques fait ressortir d’importants écarts par zones géographiques, en fonction du niveau de revenu. Ainsi, Artémis Courtage mentionne un taux moyen de 0,60 % pour les dossiers conclus en Ile-de-France sur les durées comprises entre seize et vingt ans, à comparer à un taux de 0,90 % dans le Grand Est ou les Hauts-de-France, par exemple.


Des points de vigilance, dont l’inflation


En cette rentrée idyllique, certains courtiers s’interrogent sur la pérennité de cet été indien pour le crédit immobilier. C’est le cas de Vousfinancer qui souligne le risque de durcissement des conditions d’emprunt sur la fin de l’année 2021 par les banques, qui devraient se montrer de plus en plus soucieuses de se conformer aux préconisations du HCSF. Sans oublier l’épuisement des biens à vendre sur le marché immobilier ainsi que hausses de prix qui en découlent, phénomènes qui pourraient enrayer la bonne dynamique du marché du crédit.

Cafpi se montre également vigilant en pointant du doigt un autre danger, macroéconomique celui-là : « Nous assistons à une belle reprise économique. Mais l’explosion de la consommation des ménages et la forte reprise de l’activité des entreprises font s’envoler les prix des matières premières agricoles et de l’énergie. Ce cycle de forte inflation va inévitablement entraîner une remontée des taux d’intérêt », pronostique Philippe Taboret. D’où l’intérêt, pour les porteurs de projets immobiliers, de ne pas tarder à les concrétiser !