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Logements vacants : plus de 400 000 biens concernés en Ile-de-France et dans l’Oise

Le nombre de logements vacants ne cesse d’augmenter depuis dix ans, alors que la France manque de toits. Rien qu’à Paris, 108 000 biens sont inoccupés.

Immobilier
Crédit : iStock.

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Les chiffres de logements vacants en Ile-de-France et dans l’Oise donnent le tournis. Le 8e arrondissement en compte 18 648, sur les quelque 108 532 biens inoccupés de Paris. Un nombre quatre fois inférieur à celui observé à l’échelle de l’Ile-de-France et de l’Oise, alors que le logement est en crise, rapporte Le Parisien s’appuyant sur des données du ministère de la Cohésion du territoire et de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur). Le problème n’est pas neuf, il va même en s’accentuant. Autour de la capitale, les 401 000 habitations laissées vides le sont depuis plus ou moins de temps. Ce chiffre englobe, en effet, la vacance frictionnelle, de plus ou moins longue durée, et la vacance structurelle, de plus de deux ans.

D’après l’Insee, Paris compte 7 000 logements vacants de plus qu’il y a dix ans, sur 1,1 million de logements dans le parc privé. Dans le même laps de temps, la vacance a bondi de 42% en grande couronne et de 18% en petite couronne. Et, selon le quotidien, elle est plus fréquente dans les départements les plus ruraux.

Renforcement des droits des locataires

Dans un rapport, l’ancien sénateur UDI Jean-Marie Bockel estime que « le rythme de construction [est] très élevé mais mal réparti ». Le document met également en avant « le renforcement constant des droits des locataires qui (…) ont conduit de nombreux bailleurs à retirer purement et simplement leurs biens immobiliers du marché de la location », rapporte le quotidien. Il faut également faire sans les nombreux logements qui ne sont plus habitables. Le maire (PS) de Saint-Denis, Mathieu Hanotin rappelle que sa ville compte « 19% d’habitats indignes dans le parc privé ». Une part peut être surestimée « par l’action des marchands de sommeil et de propriétaires margoulins qui ne déclarent pas l’occupation du logement, mais préfèrent payer les taxes sur les logements vacants qu’ils amortissent très rapidement grâce aux loyers perçus en liquide ».

Dans les villes historiques, l’ancienneté du patrimoine pèse aussi sur la quantité de logements vacants. Stéphanie Von Euw, maire de Pontoise, explique au Parisien que « les propriétaires préfèrent ne pas louer plutôt que d’engager des travaux coûteux ». Un phénomène auquel s’ajoutent les copropriétés dégradées, « qui n’ont plus les moyens d’entretenir le bâti ».

Pas de hausse de la taxe sur les logements vacants

A Paris, le 8e arrondissement est le plus touché par la vacance. Quelque 18 648 biens sont vides depuis plus de deux ans. Généralement diffus, ces biens touchent « 11 197 immeubles différents », précise l’Apur au quotidien. Ce qui complique la lutte contre les logements vacants. S’il existe des dispositifs pour rassurer les propriétaires contre les impayés, ceux-ci ne sont pas assez incitatifs, et alors que certains élus réclament une hausse de la taxe sur les logements vacants, le ministère à fait savoir au quotidien qu’il n’envisageait pas de l’augmenter.