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Assurance emprunteur : les écarts de tarifs entre les clients pourraient être encadrés, selon le patron du Crédit agricole

Philippe Brassac, directeur général Crédit agricole SA, est favorable à la réduction de l’écart de tarif de l’assurance emprunteur et plaide pour un encadrement afin de réduire les inégalités liées à la santé des emprunteurs.

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Il y a trop d’écart de tarifs entre les clients concernant les assurances emprunteurs. Il peut être « excessif » d’aller « de 1 à 30 » au sein du même établissement, explique aux Echos Philippe Brassac, directeur général Crédit agricole SA, le 10 novembre. Il plaide pour « une évolution de la législation » afin de réduire cet écart de tarif entre les primes, par exemple en le fixant entre 1 et 4. Les grilles tarifaires seraient ainsi « beaucoup plus resserrées ». « Nous serions alors dans la concurrence, mais pas au détriment de la moitié de la population », a ajouté Philippe Brassac. L’assurance emprunteur permet de prendre en charge un crédit en cas de décès ou de maladie du souscripteur. Mais les clients atteints de maladies chroniques, de cancer, ou encore les fumeurs et les personnes âgées, sont défavorisés et paient beaucoup plus cher que les emprunteurs en bonne santé.

Une source proche du Crédit agricole propose également que « chacun assure une quote-part à peu près équivalente des clients avec des problèmes de santé ». Cette idée est en fait un moyen pour les banques traditionnelles de cibler les courtiers et autres « pure players » de l’assurance, explique le quotidien. Ces derniers promettent de grosses économies à leurs clients, évoquant les marges des banques qui détiennent 88% du marché. Ces dernières, de leur côté, regrettent que les nouveaux entrants se focalisent sur les clients les moins à risques.

« Coup de com’ »

L’annonce du Crédit agricole intervient après celle du Crédit mutuel, au sujet de la suppression du questionnaire médical pour les clients fidèles au moment de la souscription d’une assurance emprunteur. La banque mutualiste supprime aussi les surprimes pour les contrats déjà signés. L’initiative du Crédit mutuel a été saluée par CNP Assurances, qui l’a qualifiée de « positive et intéressante ». De son côté, BNP Paribas Cardif a rappelé son engagement pour rendre plus accessible l’accès à la propriété en simplifiant les modalités médicales, précise l’Argus de l’assurance, et en rendant accessible l’assurance emprunteur à certaines populations, atteintes de parkinson ou de diabète gestationnel, par exemple. Même son de cloche du côté de Société générale Assurances.

En revanche, Sécurimut parle d’un « coup de com’ ». « Il ne s’agit pas d’une suppression du questionnaire de santé : cette suppression est réservée aux clients fidèles, c’est-à-dire à ceux dont la banque connaît déjà tout », confie sa présidente Isabelle Delange au site spécialisé. Ces déclarations des bancassureurs et autres courtiers font écho à la nouvelle proposition de loi permettant à un souscripteur de crédit immobilier de changer d’assurance emprunteur à tout moment. Après plusieurs rebondissements, un nouveau texte a été déposé à la fin du mois d’octobre et il sera débattu le 25 novembre prochain à l’Assemblée nationale. Pour l’Association pour la promotion de la concurrence en assurance des emprunteurs (Apcade), « on n’a jamais été aussi proches du but ». « Il va y avoir un mouvement de pression sur les prix extrêmement favorable aux consommateurs », se réjouit auprès des Echos Eric Maumy, président de l’association et PDG d’April.