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Syndics : des relations en demi-teinte avec les copropriétaires

S’il n’y a pas de franche dégradation, un copropriétaire sur deux se déclare toujours insatisfait de son syndic. Explications.

Pinel
Crédit: iStock.

Pour la 4e fois, la CLCV publie son baromètre, en partenariat avec le magazine Notre Temps, qui recueille l’avis des copropriétaires sur leur syndic, la vie et l’organisation de leur immeuble. Un copropriétaire sur deux se déclare insatisfait des prestations de son syndic, soit 49 % du panel interrogé (2 537 personnes au total). Depuis 2012, date de la publication du premier baromètre, ce taux n’a guère évolué. S’il ne s’agit pas d’un franc désamour, on ne peut guère parler non plus de plébiscite. Les grands groupes continuent d’avoir un taux de satisfaction inférieur à la moyenne (44 %), contrairement aux cabinets indépendants (53 %).

Les syndics en ligne font un flop

Selon les copropriétaires, la principale qualité que devrait avoir un syndic est la réactivité (35 %), loin devant la rigueur (25%) et le relationnel (21 %). Contrairement aux idées reçues, le prix et la négociation commerciale arrivent en bas des souhaits avec respectivement 6 % et 3 % seulement. Voilà qui explique peut-être pourquoi les syndics en ligne ne suscitent guère l’enthousiasme : 66 % des copropriétaires sondés estiment qu’il s’agit d’une mauvaise idée. 14 % seulement y sont favorables. A noter : les petites copropriétés sont plus sensibles à l’idée d’un syndic en ligne avec 20 % d’opinions positives. En 2017, ce type de syndic intéressait 30 % de copropriétaires qui se disaient alors prêts à sauter le pas, contre 18 % seulement à l’heure actuelle. Selon le baromètre, le contexte sanitaire pourrait expliquer ce recul, l’aversion à tout ce qui est dématérialisé ayant été amplifiée.

Ce chiffre est à mettre en rapport avec les modalités d’organisation et de tenue des assemblées générales (AG). 14 % seulement des copropriétaires interrogés pensent que la visioconférence est un mode intéressant de participation aux AG et 79 % considèrent que la présence physique est un facteur d’amélioration des débats. L’étude met aussi en lumière pour la première fois la question des relations de voisinage. 44 % des sondés estiment qu’ils ont de bonnes relations avec leurs voisins, 17 % allant jusqu’à les qualifier de très bonnes.

Enfin, à l’heure où l’adaptation aux exigences environnementales est sous les feux de l’actualité, le baromètre s’est penché sur les travaux qui ont été réalisés ou qui vont être réalisés par les copropriétés. Sur les trois dernières années, 27% des copropriétés déclarent n’avoir réalisé aucuns travaux qu’il s’agisse d’opérations importantes ou de simples travaux d’entretien. Idem, dans les trois prochaines années, 22% des copropriétés n’envisagent pas d’effectuer des travaux. Parmi les raisons, l’étude évoque le coût et la complexité de ce type d’opération. Une réalité loin d’être prise en compte dans les ambitions gouvernementales de rénovation énergétique du parc immobilier.