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Le palais de l’Elysée est une passoire thermique

La demeure du chef de l’Etat n’est pas un exemple en matière d’efficacité énergétique, classée F sur l’échelle du DPE.

Relance
Crédit : iStock.

Emmanuel Macron en a fait une des priorités de son quinquennat : supprimer les passoires thermiques. Pourtant, l’Elysée en est une. Le bâtiment public dans lequel vit le président de la République est loin d’être performant en matière d’énergie, selon le magazine We Demain, relayé par Le Figaro. En effet, le palais de l’Elysée et ses dépendances ont vu leur consommation énergétique augmenter de plus de 8% entre 2018 et 2020, rapporte le cabinet Elan France, qui a établi un diagnostic. Ainsi, la consommation a atteint 257,15 kWh par mètre carré et par an en 2020, soit une étiquette énergétique classée E. Pas vraiment un exemple, mais une consommation en cohérence avec l’âge du bâtiment qui date du XVIIIe siècle selon le cabinet spécialisé.

En revanche, les émissions de gaz à effet de serre sont de 74kg par mètre carré et par an, ce qui correspond à une étiquette climat classée F, en hausse de 7% depuis 2018. Ces seuils sont fixés par le nouveau Diagnostic de performance énergétique (DPE). La revue We Demain évoque aussi le palais de l’Alma, classé E sur l’échelle du DPE, avec une consommation de 240,72 kWh par mètre carré et par an. Ce palais présidentiel de 8.266 mètres carrés est situé dans le 7e arrondissement de Paris. Il émet 58kg de CO2 par mètre carré et par an, classé F sur l’échelle de l’étiquette climat. Pour l’ensemble de ces demeures, soit l’Elysée, l’hôtel de Marigny, les bureaux de la rue de l’Elysée et le palais de l’Alma, soit plus de 32.460 mètres carrés au total, l’Etat a payé 345.159 euros de facture de chauffage en 2020, et 412.881 euros en facture d’électricité.

Une passoire thermique classée F

Pour l’instant, le montant des factures de 2021 n’est pas encore connu. Le nouveau DPE, en vigueur depuis le 1er juillet, ne serait pas avantageux pour l’Elysée. « C’est la pire des deux notes qui est prise en compte pour déterminer la classe énergétique du bâtiment », explique au Figaro Audrey Zermati, directrice stratégie d’Effy. La note retenue serait donc F, ce qui fait que l’Elysée est considéré comme une passoire thermique.

De son côté, l’exécutif avance que les travaux entrepris l’an dernier vont réduire la consommation énergétique du bâtiment ainsi que son empreinte carbone. Remplacement des chaudières à fioul par des chaudières à gaz, isolation des fenêtres, rénovation de la toiture… L’Elysée va aussi se séparer de l’un de ses bureaux, très énergivore. Ironie du sort, si les bâtiments ne sont pas rénovés à temps, ils ne pourront plus être loués par l’Etat en 2023, comme le prévoit la loi.