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Bâtiment : la crise s’aggrave

Olivier Salleron, le président de la Fédération française du bâtiment (FBB) souhaite relancer la construction de nouveaux logements.

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Crédit: iStock.

Il faut sauver le bâtiment. C’est en tout cas l’avis partagé par Olivier Salleron, le président de la Fédération française du bâtiment (FBB), explique Le Figaro. La semaine passée, il a d’ailleurs reçu les huit candidats déclarés à l’élection présidentielle à l’occasion du 9e sommet de la construction. Durant cette rencontre, il a encouragé le gouvernement et les prétendants à l’Elysée à se mobiliser sur la question de la construction de nouveaux logements. Cinq mois avant le verdict des urnes, le secteur a pourtant retrouvé son niveau d’avant-crise, avec 464.000 permis de construire cumulés ces 12 derniers mois, selon les chiffres communiqués par le gouvernement, dont Le Figaro se fait l’écho.

Cependant, ces chiffres encourageants ne seraient qu’un miroir aux alouettes. En effet, ils auraient dû être supérieurs dans la mesure où ils comprennent les retards pris durant la période d’inactivité. De plus, il reste difficile d’obtenir des permis de construire, de trouver des zones de construction et de se conformer aux normes de plus en plus contraignantes. Sans évoquer les diverses pénuries de matériaux et de main-d’œuvre qui ne font qu’étendre les délais et alourdir la facture. De fait, la proportion des chantiers entamés stagne. Pour franchir cet obstacle, Olivier Salleron propose la création d’un ministère de la Construction rattaché à Bercy. « Il faut faire du logement une grande cause nationaleSi la crise du logement n’est pas réglée rapidement, je redoute une crise sociale dans les 2 à 5 ans à venir. Elle peut faire sortir des gilets écarlates », estime-t-il.

Le bâtiment relégué sous le tapis

Encore faudrait-il que le sujet soit mis sur la table. Car avant l’élection présidentielle, le bâtiment est plutôt relégué sous le tapis. D’ailleurs, les Français s’intéressent davantage à leur pouvoir d’achat, pourtant impacté par le loyer ou le crédit à rembourser. « Le gain de pouvoir d’achat passe aussi par la baisse du coût du logement, indique au Figaro le président du Pôle-Habitat-FFB, Grégory Monod qui note « que les Français consacrent 25% de leur budget au logement ! ».

La crise sanitaire n’a pas fait que fragiliser les plus modestes et les plus jeunes. Elle a aussi ouvert la voie à une « démétropolisation » et un retour des Français dans les villes moyennes où ils peuvent acquérir de plus grandes surfaces. Ainsi, le prix des logements grimpe et certains ménages sont contraints à s’excentrer. Aussi, selon une étude des notaires, le prix du foncier a quasiment triplé en moins de vingt ans. « Nous réclamons une réforme profonde de la fiscalité foncière, aujourd’hui trop favorable à la rétention », abonde Olivier Salleron auprès du Figaro. Il exhorte de cette manière à une relance des permis de construire qui pourront être déposés en ligne dès le 1er janvier 2022. 

Pour contourner la frilosité de certains maires à les délivrer, les professionnels de la construction préfèreraient que cette mission soit confiée aux préfets. Même chose pour les logements sociaux. Pour l’instant, ils se heurtent au gouvernement qui favorise une aide de 1.500 euros par logement. Le Premier ministre Jean Castex a récemment reconnu que certains maires construisaient moins. Et, « avec la suppression de la taxe d’habitation et la fin de l’exonération de la taxe foncière pour les logements neufs, les maires n’ont plus intérêt à construire », regrette un professionnel.