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Immobilier : bien vieillir chez soi, c’est bien aménager son logement

Vieillir chez soi, c’est aussi savoir adapter son bien immobilier pour pouvoir y conserver le maximum d’autonomie en évitant les chutes et autres accidents domestiques. Explications.

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crédit: istock.

Il n’y a rien de plus rassurant que d’être chez soi. Ainsi, environ 62% des 17,7 millions de seniors (plus de 60 ans) que compte la France désire vieillir à domicile. C’est ce qu’indique un sondage mené par Deloitte pour la Fédération des promoteurs immobiliers, relayé par Le Parisien le 3 décembre 2021. A l’inverse, ils ne sont que 23% à entrevoir la possibilité de déménager dans un logement plus adapté, et plus de 12% s’imaginent dans une résidence services. Trois solutions qui permettent toutefois d’éviter le placement en Ehpad. En revanche, ce même sondage démontre que 41% des sondés ne sont pas en mesure d’imaginer les solutions ou aides à destination des seniors qui existent, pour organiser leur espace de vie. Car vieillir coûte (très) cher.

Les logements des seniors doivent donc être adaptés afin de permettre le maintien facile des individus à leur domicile. Chambre, salle de bains, toilettes… « Si elles sont accessibles facilement, le maintien à domicile est possible », explique au quotidien un ergothérapeute.

Des travaux à prévoir dans votre bien immobilier

Une inspection au peigne fin qui ne doit rien au hasard. En effet, 81% des chutes de personnes âgées ont lieu à leur domicile, selon Santé publique France. Parmi celles-ci, 46% se produisent dans la salle de bains. Si ce n’est pas déjà le cas, il est donc nécessaire de favoriser une douche à l’italienne (avec des barres d’appuis et un sol antidérapant) au lieu d’une baignoire. Cette transformation coûtera entre 2.000 et 8.000 euros. Une barre d’appui sera également nécessaire dans les toilettes où il faudra également surélever la cuvette au moyen d’un rehausseur (40 euros). Si vous souhaitez changer les sanitaires il vous en coûtera entre 600 et 800 euros, détaille le Parisien.

Dans la chambre, l’aménagement doit permettre un gain d’espace en vue de faciliter les déplacements. Grâce à la domotique, les personnes âgées pourront fermer leurs volets, allumer la lumière, mettre en route le chauffage… au moyen d’une commande vocale. Ou même se servir d’un bouton unique pour fermer lumières et volets en cas d’absence. Un monte-escalier, si l’environnement y est propice, pourra aussi être installé. Son coût : entre 3.500 et 9.000 euros, suivant l’angle de l’escalier. 

Actimétrie, meubles adaptés et financements

Si vous souhaitez aller encore plus loin c’est possible avec l’actimétrie. «Il s’agit de capteurs qui enregistrent vos habitudes de vie car les personnes âgées sont très routinières », explique l’ergothérapeute au Parisien. Dans le détail, les données qui font votre quotidien (heure du lever, temps passé dans la salle de bains, heure à laquelle vous pouvez le frigo pour déjeuner…) sont étudiées par une intelligence artificielle qui analyse les éléments pour anticiper une chute ou un accident plus grave. Un signal d’alerte est ensuite envoyé à une téléassistance ou un proche. Pour avoir recours à cette technologie dernier cri, il faut compter entre 20 et 50 euros mensuels.

Et plus il y a d’installations, plus ça coûte cher. Cependant, des aides financières existent. Ainsi, certaines sociétés mettent à dispositions des futurs bénéficiaires des assistantes sociales qui calculent leurs droits. Aussi, de nombreux organismes comme l’Agence nationale de l’habitat (Anah), les caisses de retraites, ou encore les collectivités territoriales peuvent payer les travaux partiellement ou en totalité. Action logement peut financer ces derniers à hauteur maximale de 5.000 euros. Certaines mutuelles agissent également en ce sens et des crédits d’impôt en la matière ont également vu le jour.