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Placements : quels intérêts peut-il y avoir à investir dans l’immobilier virtuel ?

Certains terrains virtuels se vendent plusieurs millions. Qu’est-ce qui pousse des investisseurs à acheter dans des univers numériques ? Et comment comptent-ils gagner de l’argent ?

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iStock

La pierre numérique connaît de très beaux jours. Les records de vente s’enchaînent. Mais qu’est-ce qui peut bien pousser des investisseurs à débourser 2,4 millions de dollars (2,12 millions d’euros) pour un achat immobilier dans l’univers virtuel de Decentraland ou 4,3 millions pour un terrain situé sur The Sandbox, un monde numérique où il est possible de bavarder, de jouer ou d’assister à des concerts. Comme le rappellent Les Echos, la décision de Facebook de faire du métavers (méta et univers) son nouveau projet d’entreprise, a décuplé l’intérêt du public pour celui-ci.

Cathy Hackl, consultante tech pour des entreprises souhaitant entrer dans le métavers, reconnaît que cette annonce a « fait découvrir le terme à des millions de gens bien plus rapidement que j’aurais pu l’imaginer ». Dans la semaine qui a suivi, plus de 100 millions de dollars ont été dépensés pour réaliser des achats immobiliers selon les chiffres de Dapp, base de données dédiée aux cryptomonnaies. The Sandbox, Decentraland, mais aussi CryptoVoxels et Somnium Space ont bénéficié de ces investissements. L’essor de ce marché, où propriétaires, locataires et développeurs fonciers interagissent, n’est pas une surprise pour Cathy Hackl. « On essaye de traduire dans le monde virtuel ce qu’on sait faire avec les biens physiques », explique-t-elle.

Louer, revendre

Et il est déjà possible de construire, louer ou revendre ces terrains et biens immobiliers. Dans ces mondes encore en évolution où les terrains numériques fonctionnent déjà comme des actifs financiers, Tokens.com est devenu propriétaire d’une parcelle de choix dans le quartier de Fashion Street de Decentraland. La plateforme souhaite y accueillir des magasins virtuels des groupes de luxe. « Si je n’avais pas fait de recherches et compris qu’il s’agit de propriétés de grande valeur, ça paraîtrait complètement fou », souligne Andrew Kiguel, patron de Tokens.com au quotidien. L’ex-banquier d’investissement dans le secteur de l’immobilier voit en les terrains virtuels une opportunité équivalente aux biens réels. « Ce sont des lieux pour la publicité et les événements où les gens vont se rassembler », détaille-t-il. Il en veut pour preuve un concert qui a réuni quelque 50.000 participants sur Decentraland.

Et les marques de luxe sont déjà présentes dans le métavers. Ainsi, un sac Gucci s’est vendu plus cher que sa version physique, sur la plateforme Roblox, indique Les Echos. De quoi laisser espérer à Andrew Kiguel que Fashion Street sera bientôt la copie virtuelle de la 5e Avenue à New York. Pour dégager des revenus « ça peut être aussi simple que de posséder un panneau publicitaire ou aussi complexe que d’avoir une boutique avec un vrai salarié. On pourrait rentrer avec son avatar, regarder des modèles en 3D d’une chaussure qu’on pourrait tenir entre ses mains et poser des questions ».

Volatilité des cryptomonnaies

Pour l’investisseur, la technologie de la chaîne de blocs (« blockchain »), qui garantit la sécurité et la transparence des transactions, va participer à l’essor de la propriété numérique. « Je peux voir l’historique des propriétaires, ce que ça a coûté et comment c’est passé d’une personne à une autre », résume-t-il, évoquant un achat immobilier. Si tentant soit-il, l’investissement comporte toutefois des risques. Le premier est lié à la volatilité des cryptomonnaies utilisées pour acheter les NFT nécessaires pour faire des achats virtuels, avertit le quotidien. Et si les concerts virtuels sur Roblox ou Fortnite ont attiré des dizaines de millions d’auditeurs, les données restent rares sur le métavers. La preuve que, pour le moment, les mondes virtuels sont moins fréquentés que les réseaux sociaux déjà bien établis.