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Immobilier : primo-accédants, investisseurs, qui sont les acheteurs ?

En 2021, les achats immobiliers ont représenté 89,4% des dossiers montés par le courtier Cafpi, qui dresse le portrait des acquéreurs de biens immobiliers, dont une majorité de primo-accédants.

pouvoir d'achat immobilier
Crédit: iStock.

Malgré la crise sanitaire, le marché immobilier s’est montré résilient en 2021. Dans une étude publiée lundi 24 janvier, le réseau de courtiers Cafpi explique que les acquisitions immobilières ont représenté 89,4% des dossiers traités par ses agents. La part restante a permis de racheter des crédits externes. Parmi les dossiers d’acquéreurs, le réseau a constaté que les primo-accédants étaient encore largement majoritaires (66%). Parallèlement, la part d’investisseurs locatifs a encore reculé, passant de 15 à 12% de 2019 à 2021. Mais qui sont les acheteurs de biens immobiliers ? S’appuyant sur ses dossiers, le réseau a dressé leurs portraits.

Les primo-accédants

Ainsi, depuis 2019, le primo-accédant a en moyenne 35 ans et partage l’achat d’un logement dans 57% des cas. Il étale généralement le remboursement de son crédit sur vingt-quatre ans et le montant moyen de celui-ci a atteint 232.900 euros en 2021, soit une hausse de 4,2% depuis 2019. Une hausse de l’enveloppe qui s’explique par la hausse des prix, causée par une offre limitée, une demande forte et des taux bas. L’étude fait remarquer que l’augmentation du coût du mètre carré influe aussi sur l’augmentation du revenu annuel nécessaire pour l’achat d’un bien quand on est primo-accédant. En 2021, un emprunteur seul gagne en moyenne 32.096 euros (+2,9% par rapport à 2019) et un couple 55.489 euros (+3,6% par rapport à 2019). Le taux d’apport a lui aussi progressé. Il est passé de 15% en 2019 à 16,5% en 2021. Généralement, leur prêt moyen est de 200.00 euros. « Ces augmentations traduisent la tension sur les prix des biens ainsi qu’un resserrement des critères d’octroi des banques », précise Olivier Lendrevie. Le président de Cafpi complète ensuite le portrait du primo-accédant en ajoutant que celui-ci est le plus souvent en CDI (74%) et achète un bien dans l’ancien (82%).

Les investisseurs locatifs

Les investisseurs locatifs, eux, sont un peu plus âgés (42 ans en moyenne) et réalisent également leur achat en commun dans 63% des cas. Comme les primo-accédants, leur taux d’apport a augmenté, mais dans une moindre mesure. Il est passé de 12,1% en 2019 à 13,3 % en 2021. Quant au revenu annuel moyen par famille, il a progressé de 5,4% en deux ans, pour atteindre 78.500 euros en 2021. « Lorsqu’il emprunte, l’investisseur privé a vu la durée de son prêt s’allonger de neuf mois entre 2019 et 2021 », ajoute Olivier Lendrevie, soit vingt et un ans. Et dans 59% des cas, il opte pour un bien dans l’immobilier ancien.

Les autres accédants

Quant aux autres acheteurs, ils subissent eux aussi la hausse des prix de l’immobilier depuis 2019. Aussi, le montant moyen emprunté a bondi de 8,6%, pour atteindre 385.400 euros en 2021. Conséquence directe : leur endettement moyen passe de 5,83 années de revenus en 2019 à 6,14 années de leurs revenus nets en 2021, soit 113 jours de plus. Ainsi, 58,6% des accédants empruntent sur une durée de vingt-cinq ans ou plus. Ils n’étaient que 53% dans ce cas en 2019. Soit une durée initiale de prêt qui s’est allongée de neuf mois. « Les normes HCSF plafonnant les mensualités à 35% des revenus nets contraignent les emprunteurs à échelonner leur crédit sur une durée plus longue », rappelle Olivier Lendrevie. En moyenne, les accédants ont 42 ans et achètent à plusieurs dans 74% des cas. Ils optent pour une maison (77%), dans l’ancien (88%).