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Présidentielle : Taubira souhaite des loyers encadrés pour stopper « l’indécence »

L’ancienne ministre de François Hollande, candidate à la présidentielle estime que les loyers encadrés permettront à des familles de réellement vivre dans la société.

complément de loyer
Crédit : iStock.

Des loyers encadrés pour stopper l’indécence. La candidate déclarée à l’élection présidentielle et à la primaire populaire, Christiane Taubira, a estimé mardi lors d’un déplacement en Isère sur le thème du logement, qu’un « encadrement généralisé en matière de loyers » était nécessaire afin de stopper « l’indécence » des offres sur le parc privé. « Il faut sécuriser l’accès au logement des revenus les plus modestes pour cesser d’entraver leur projets », a déclaré la candidate après avoir pointé du doigt « ceux qui prospèrent sur le logement social », lors d’une déambulation dans les quartiers de Pont-de-Claix aux côtés du président de la métropole de Grenoble, l’ex-PS Christophe Ferrari.

Pour l’ex-ministre, le « problème du mal-logement » est « colossal » en France, où la politique du logement est « coûteuse et précarise ». Mme Taubira souhaite que « l’allocation logement couvre à la fois le loyer et les charges » et que « les services publics soient à la portée des personnes lorsque l’on construit des logements ». « La question du logement concerne la capacité des familles à vivre dans la société : à être disponibles pour travailler ou à projeter la vie de leurs enfants. Si la question du logement n’est pas réglée, toutes ces questions-là sont évacuées. La façon de concevoir le logement est extrêmement importante et le gouvernement n’a pas tenu parole », a-t-elle martelé, déplorant qu’Emmanuel Macron ait « creusé les inégalités de façon aussi scandaleuse ». « Je ne vise pas à ce que le logement privé devienne déficitaire. Mais il y a des tensions incontestables sur ce marché qui sont liées au fait que l’Etat ne construit pas suffisamment », a-t-elle ajouté. Alors, à quand les loyers encadrés ?

Un sujet qui tombe en pleine primaire citoyenne

Interrogé sur la primaire populaire, consultation citoyenne controversée qui se tiendra en ligne du 27 au 30 janvier avec 467.000 électeurs inscrits et les bulletins de sept personnalités politiques, pour certaines impliquées malgré elles, Christiane Taubira s’est dite « confiante ». « J’ai la conviction que les citoyens sont en demande dans ce pays. C’est ce qui m’a déterminée à prendre ma part dans l’effort de rassembler », a-t-elle affirmé. Ce « processus » est selon la candidate « appelé à s’entendre et à nourrir la réflexion politique, et donc la décision politique ». « Ce qui sortira de la volonté et du choix des personnes qui se sont inscrites pour voter, j’en tiendrai compte. Je suis persuadée qu’il faut nous unir. Je fais tout l’effort nécessaire pour donner à leur volonté une possibilité d’advenir. Après, on verra ce que donne ce résultat, les attitudes et les comportements », a-t-elle conclu.

L’ancienne Ministre de la justice de François Hollande, qui pointe à 3% des intentions de vote dans un sondage Ifop-Fiducial publié lundi, est la seule des cinq principaux candidats de gauche à avoir promis de se soumettre au résultat du vote. Parmi les réfractaires figurent Yannick Jadot, Anne Hidalgo et encore Jean-Luc Mélenchon, qui a qualifié cette initiative de « farce » lundi soir dans un meeting à Bordeaux.

Mercredi, Christiane Taubira se rendra dans les Hautes-Alpes pour une séquence sur la thématique des migrations. D’abord à Briançon pour y rencontrer les membres de l’association Le refuge solidaire, qui oeuvre à l’accueil des migrants arrivant d’Italie, puis sur la zone de passage du Col de l’échelle.