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Immobilier : acheter près de Paris sans restreindre la surface, c’est réalisable !

À Paris et en proche banlieue, un achat immobilier peut revenir à faire une croix sur une part de la superficie. Une start-up propose un projet original pour aider les propriétaires à boucler leurs démarches.

JO 2024
Crédit : iStock.

Ceux qui résident à Paris et dans la petite couronne ne vous diront pas le contraire : accéder à la propriété dans la capitale française et dans sa banlieue proche n’a rien de simple. Et la principale raison est d’ordre financier. Au-delà des prix élevés du marché de l’immobilier dans la région qui impliquent des prêts bancaires à long terme, acheter dans cette zone c’est la plupart du temps consentir à occuper une surface en moyenne 26% moins importante que dans un logement loué. De cette manière, un locataire du 18e qui peut loger dans un deux pièces de 27m² devra passer à un studio de 20 m² pour être dans sa propriété.

Voilà deux ans que Virgil offre la possibilité à ceux et celles qui souhaitent accéder à la propriété sans devoir se restreindre sur la surface acquise de co-investir dans leur projet immobilier. « Ce piège locatif, comme nous l’avons baptisé, nous souhaitons aider les jeunes actifs à s’en sortir pour retrouver le pouvoir de devenir acquéreur », commente Saskia Fiszel, cofondatrice de la start-up auprès du Figaro. Si le propriétaire vend son logement, la part investie par Virgil sera restituée à la plateforme. Au bout de dix ans, il lui sera également possible de racheter la quote-part détenue par l’entreprise. Et c’est une formule qui, depuis deux ans, séduit de nombreux jeunes actifs (ils ont en moyenne 33 ans), qui gagnent entre 40.000 et 45.000 bruts annuels et visent pour une grande majorité les arrondissements situés dans le nord-est de la capitale (18e, 19e et 20e) et un peu le 11e.

L’achat immobilier pour (parfois) vivre dans plus grand

« Ces jeunes actifs continuent à construire leur carrière à Paris, analyse Saskia Fiszel. Même si on parle d’un exode des Parisiens, nombreux sont ceux qui n’ont aucune aspiration à vivre à la campagne. Ils visent la capitale en premier lieu mais finissent par se rendre compte que certaines voisines directes ont de vrais atouts à faire valoir. » S’il est difficile d’accéder à des surfaces plus grandes dans les communes les plus chères de l’Ouest parisien ou celles qui bordent le bois de Vincennes, un propriétaire pourra miser sur Aubervilliers où il obtiendra par l’achat immobilier un logement 12% plus grand que ce qu’il peut y louer. À Saint-Denis, le gain est de 2%. Et, jolie surprise de ce classement, acheter à Saint Maurice ou à Ivry-sur-Seine vous permettra d’obtenir respectivement une surface de 3% et de 4% plus grande.

Mais acheter dans des communes où vous perdez une surface très raisonnable n’est pas non plus une mauvaise idée. À Bagnolet et aux Lilas (bordure du 20ème arrondissement), 1% et 5% de la surface seront respectivement gommés. Entre 7 et 10% si vous décidez d’acheter à Malakoff, à Gentilly, au Kremlin-Bicêtre et à Vanves, dans le sud de la capitale. Avec des pertes respectives de -13% et -15%, Pantin et Saint-Ouen restent attractives alors que Clichy et Montreuil sont sur le point de dépasser les 20% de l’indice Virgil ou l’écart de superficie entre achat et location à Paris (en %). Et pour ceux et celles pour qui habiter en banlieue n’est pas envisageable, il faudra miser sur le 13e arrondissement où la perte de superficie ne sera « que » de 21%. Suivent les 11e et 20e (-23%).

« Il ne faut pas que Paris devienne une ville-musée à l’image de Venise, une ville qui se vide de ses habitants et amorce son déclin. » C’est d’ailleurs pour cette raison, doublée de son expertise du marché de la Petite couronne que la start-up n’envisage pas pour le moment d’accompagner ses clients vers la Grande couronne. Dans ces zones, les gains de surface peuvent être plus importants. « Et il y a aussi le fait que bon nombre d’achats dans ces secteurs sont des investissements locatifs. Or, nous visons vraiment la résidence principale », conclut Saskia Fiszel.